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 Alice Oniri - Le monde passera de l'autre côté du miroir

Alice Oniri
Mercenaire

avatar
Féminin Race : Demi (banshee/sylphe)
Pouvoir : Illusion onirique
Métier/Activité : Mercenaire
Date de naissance : 06/06/1986
Age : 31
Pays d'origine : Siraën
Arme(s) : Couteau / Rapière

MessageSujet: Alice Oniri - Le monde passera de l'autre côté du miroir   02.05.16 18:29

Alice Oniri
« si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?  »
~Derrière l'écran ~
Pseudo : Cigale
Age : 19 bougies
Comment as-tu connu le forum ? : Never Utopia
Un commentaire ? : Ca l'air sympa comme tout, le design est super, et j'aime beaucoup la liberté qui est accordée
NOM : Oniri
PRÉNOM(S) : Alice
SURNOM OU NOM D'USAGE : Alice / Déesse Alice
SEXE : Féminin
AGE : 29 printemps
RACE : Hybride (Banshee/Sylphe)
POUVOIR : Illusion onirique
PAYS D'ORIGINE : Siraën : Val'Hulm
MÉTIER/ACTIVITÉ : Future déesse à plein temps, Aventurière/mercenaire à ses heures perdues
ORIENTATION SEXUELLE : Bisexuelle
ARMES : Un couteau et une rapière
GROUPE : Sans-bannière
Avatar :
La volonté des abysses - Pandora Hearts
Cheveux :
Longs et blancs
Yeux :
Violets
Taille :
1m49
Poids :
40kg.
Signe distinctif :
Il est rare de la voir sans peluche. Parfois, elle choisit son lapin blanc, d'autres fois son lapin noir.
Style vestimentaire :
Alice est une princesse, ou du moins elle se perçoit comme telle, et les princesses portent de robes. Le blanc sied particulièrement à son teint.
pouvoir
Illusion onirique : La charmante enfant a la gentillesse de partager avec tous le monde les fruits de son imagination débordante. Elle peut changer l'apparence de tout ce qui l'entoure jusqu'à 8 mètres autour d'elle. Elle ne créé rien, vous ne verrez pas un dragon sortir de nulle part. En revanche, vous pourriez très bien vous mettre à voir tous les êtres vivants qui vous entourent - vous y compris - sous la forme de gros poissons dodus et ailés. Cependant, il ne s'agit que d'une illusion visuelle. Si vous touchez votre main devenue palmée, vous vous apercevrez qu'il n'en ai rien. Cela a également ses limites, les illusions gardent les même proportions que l'objet de départ (un dragon ne deviendra pas une tulipe). Elle peut également créer des illusions sonores, dans une moindre mesure, en changeant le timbre de la voix (mais non ce qui est dit) et le son produit par les instruments. Évidemment, si jamais vous êtes "blessé" par une arme imaginaire et que vous voyez un trou dans votre corps, vous ne ressentirez aucune douleur et vous n'aurez en réalité subit aucune blessure.
Race
Alice en tant que hybride entre une banshee et un sylphe a récupéré certains des attributs de ses deux parents. Elle est pâle et mince comme une sylphe et elle est légèrement moins vaporeuse qu'une banshee. Alice - non contente d'être relativement insupportable pour son entourage - peut pousser des cris stridents et ne s'en prive jamais lorsqu'une personne meurt ou agonise près d'elle. Viser son cœur ou ses cordes vocales est le meilleure moyen de la tuer. Cependant, la mort d'autrui ne lui cause guère beaucoup de souffrance, c'est simplement comme si on venait de lui donner un coup puissant qui lui couperait le souffle. Elle est tout à fait incapable de léviter plus d'une seconde, ne s'élevant qu'à quelques centimètres du sol. Son sang sylphe lui a également donné quelques pouvoirs sympathiques. Ainsi, elle modèle les vents et les nuages comme cela l'enchante. Elle est également capable de se changer en courant d'air l'espace d'un instant, une dizaine de secondes, mais pas en nuage. Si une légère brise la distingue des humains et affirme son identité d'hybride, ses passions ne génèrent aucune forme de vent.

Description physique
La belle idiote voit souvent les regards se tourner vers elle dans la rue. On se retourne sur son passage comme pour vérifier que ce qu'on vient d'apercevoir est bien réel. Cette créature délicate, à l'apparence si fragile, suscite facilement la bienveillance. C'est probablement grâce à ça qu'elle est encore en vie. Il est difficile de lui donner un âge, d'autant plus qu'elle garde souvent un de ses deux lapins en peluche dans ses bras. Sans cette présence rassurante, c'est comme si elle était toute nue. Par contre, la nudité ne la gène nullement, elle pourrait se changer en pleine rue sans aucun scrupule.

Si elle avait passé autant de temps devant son miroir que sur les bancs de l'école, elle appartiendrait aux savants du royaume. Elle a employé de longues heures d'ennui à se coiffer, à garder une chevelure immaculée et sans la moindre trace de nœud et à jouer à la poupée grandeur nature avec son corps. Née dans une maison close, sa mère a longtemps préféré lui cacher la véritable nature de ce lieu, profitant de la crédulité sans borne de cette enfant. A ses yeux, elle était une princesse parmi les princesses, une des plus belles dames, et elle allait devenir aussi belle que ses aînées. Le maquillage n'a aucun secret pour la donzelle, mais cela fait partie des artifices dont elle ne préfère abuser.

Son apparence est peut être celle d'une jolie fleur qu'un coup de vent suffirait à arracher, mais elle est de constitution physique plus solide qu'elle n'en a l'air. Pire que ça, c'est une véritable pile électrique, n'en déplaise au malheureux qui devra la supporter. On ne peut pas dire qu'elle soit douée d'une grande force, ni d'une agilité exemplaire, surtout avec ses robes. Cependant, il ne vaut mieux pas la prendre pour cible en la croyant totalement inoffensive. Elle cache un couteau dans ses jupons et elle sait s'en servir. Depuis peu elle garde également une rapière à ses côtés, accrochée à une ceinture qui n'est pas visible au premier coup d’œil. Étant donné son accoutrement, dégainer n'est pas chose aisée et elle ne maitrise pas tout à fait son arme, mais elle connait quelques rudiments et a déjà disposé de cibles humaines.

Son attitude corporelle est dictée par ses émotions. On lit en elle avec une facilité déconcertante, puisqu'elle n'essaye même pas de cacher ce qu'elle ressent. Lorsqu'elle est contente, on la voit gambader avec légèreté, jouant avec le vent, créant des petits cœurs avec les nuages. Elle aime suivre les papillons, dont la beauté lui redonne souvent le sourire, même lorsqu'elle est au plus mal. Il lui arrive souvent de courir, sautiller ou encore de se rouler dans l'herbe.

Si elle sourit facilement - presque tous le temps en réalité - elle pleure aussi à la moindre contrariété. Supportant mal d'être contredite ou de ne pas avoir ce qu'elle veut, autant dire que cela lui arrivent souvent. Alice ne connait que peu la douce sensation de sentir quelques larmes rouler sur ses joues, délicatement. Elle connait bien mieux le torrent de larmes et les yeux embués. Si vous allez jusqu'à faire sincèrement souffrir la donzelle, elle poussera un cri strident de banshee.

Alice n'aime pas beaucoup le soleil. Avec sa peau si blanche, elle attrape facilement ces rougeurs irritantes et brulantes si caractéristiques aux lieux ensoleillés. De plus, elle ne bronze pas vraiment. Elle rougit temporairement, tout au plus. Afin de s'en protéger, il lui arrive de porter de grands chapeaux à fleurs ou à plume de paon. Alice n'aime pas beaucoup la pluie non plus. Le contact de l'eau lui est relativement désagréable dans l'ensemble, sauf lorsqu'il s'agit de bon bains chauds aussi douillets qu'un lit.

Peu habile, elle ne nage pas vraiment bien et s'avère souvent maladroite. En revanche, elle sait être extrêmement discrète quand elle veut. Grâce à ses capacités de Sylphe, elle peut se fondre dans la brise, n'être qu'un courant d'air, et venir attraper la bourse du passant le plus proche... Par contre, elle n'a jamais envisagé que quelqu'un puisse lui rendre la pareille.

Les malandrins sont nombreux dans son milieu d'origine, et elle a pu fréquenter de près toute cette population. Mais elle aime à se donner des manières lors d'une conversation, en faisant de petites révérences ou des petits mouvements de mains distingués. Grâce à cet environnement où tout enfant rêve de grandir, elle a pu boire de l'alcool relativement jeune. Ainsi, elle est plutôt résistante à la boisson et ne se prive pas de quelques rasades lorsqu'elle le peut.

Plutôt gloutonne, elle a une appétence particulière pour les sucreries. Elle vendrait son âme pour quelques bonbons. Ce trait particulier l'a poussé à apprendre à cuisiner relativement tôt. A 10 ans, la pâtisserie n'avait plus de secret pour elle. Elle a des goûts plutôt difficiles et comme les enfants, elle ne fait pas semblant d'aimer. M'enfin, comme tous le monde, lorsqu'elle a vraiment fin, elle mangerait de tout.

Malgré son côté malhabile évoqué précédemment, elle sait faire plusieurs choses de ses mains. Elle est notamment bonne couturière, apprécie la broderie et elle a appris assez jeune à créer ses propres poupées et doudous. On peut aussi remarquer qu'elle a l'oreille musicale et qu'elle a appris à jouer de l'harmonica et du piano. On pourrait peut-être même aller jusqu'à dire qu'elle a la fibre artistique, puisqu'elle dessine plutôt bien. En revanche, elle a des difficultés de lecture et n'écrit que lorsqu'elle y est obligée, avec des lettres un peu tarabiscotées. Cela ne veut pas dire qu'elle est analphabète, simplement que cela n'a jamais été son fort et qu'elle n'aime pas ça. Elle préfère bidouiller des trucs, tenter de comprendre le schéma d'un mécanisme que de suivre ces petits gribouillis qui n'en finissent pas sur des pages et des pages.

Caractère
Immature : Alice se comporte comme l'enfant qu'elle est intérieurement, son âge mental va de 5 ans et demi à 14 ans, à peu près, selon les situations. Rarement plus. On s'y fait. Si elle vous tire la langue, rit quand vous dites caca boudin et veut jouer à chat, c'est tout à fait normal. Il paraît qu'il faut rester jeune dans sa tête... Elle écoute rarement longtemps, fait des caprices, prend des décisions stupides sur un coup de tête, se perd dans la rue, se croit le centre du monde. Et elle aime les sucreries.

Sensible : Sous ses airs d'idiote bien-heureuse, Alice est très sensible à ce qui l'entoure et aux réactions des autres. Elle pleure facilement, rit facilement, ressent des émotions fortes facilement. Si on plongeait dans une période de guerre, il est fort probable qu'elle ne supporte pas longtemps l'atmosphère en gardant toute sa raison. Elle fait souvent de grosse crises de colère. Il est tout à fait possible qu'un évènement éteigne sa joie de vivre et a plonge dans une certaine dépression.

Idiote : Ses raisonnement sont souvent simplifiés, vont dans le sens qui l'arrange bien et puis elle ne réfléchit jamais trop.

Capricieuse : Quand elle demande quelque chose, elle le veut, et tout de suite. Sinon elle fait une crise de larmes. Elle a été habituée à avoir ce qu'elle voulait comme elle voulait, et cela pose souvent soucis dans sa vie. Ne pas avoir ce qu'elle veut, c'est un peu comme si on entravait à sa liberté à ses yeux.

Menteuse : En fait, chez elle ça vire presque à la mythomanie. Un mensonge ou une vérité, ça revient un peu au même. A partir d'un moment où un mensonge est formulé, alors il se met à exister pleinement, exactement comme la vérité. Sauf que la vie est toujours plus gaie avec quelques mensonges !

Franche : Étrangement, elle peut être franche et menteuse. Si jamais vous puez, elle ne se généra pas pour vous le dire. Elle n'essaie pas de cacher ses opinions, voir même les clame haut et fort pour se faire remarquer.

Naïve et insouciante : Déjà que la différence entre une vérité et un mensonge n'est pas bien claire dans sa tête, on ne va pas trop lui en demander. Elle croit facilement à tout ce qu'on dit, ne perçoit pas toujours l'ironie dans les propos. Elle ne s'imagine pas réellement qu'on puisse lui faire du mal et ne se méfie que rarement, sauf quand vraiment, le piège est trop gros. Elle anticipe rarement grand chose d'ailleurs, et ne pense que peu au futur. Son insouciance lui permet de ne pas vraiment connaître la peur. Cependant lorsqu'elle la ressent, elle se plonge dans son monde imaginaire, qu'elle fait vivre à son entourage grandeur nature.

Curieuse : Tout ce qui est nouveau l'intéresse. Après, c'est moins drôle. Elle pose donc facilement des questions, suit des gens dans la rue pour savoir où ils vont, essaye de comprendre tant bien que mal le monde qui l'entoure, mais qui lui semble souvent absurde. Cependant, si vous lui tenez une réponse totalement loufoque et peu crédible, elle en sera satisfaite.

Imaginative : Elle a beaucoup d'imagination, un peu trop même. Chez elle, ça ne vire pas à la paranoïa, c'est déjà ça. Cependant, elle aime se matérialiser des créatures autour d'elle, parler avec un ami imaginaire ou encore boire dans une tasse de thé en plastique avec ses poupées. Le problème, c'est quand elle commence à imaginer des monstres et autres petites choses sympathiques.

Bienveillante : Dans l'ensemble, elle est plutôt bienveillante et essaye de faire ce qui lui paraît être le mieux pour les autres. Enfin du moins si ça ne lui coûte pas trop cher de son côté, car il ne faut pas déconner non plus. Mais elle ne laissera pas tomber un orphelin et partagera volontiers sa nourriture avec un affamé. Sauf si c'est des sucrerie...

Égocentrique : Le monde tourne autour d'elle, c'est tout. Elle n'est pas égoïste, enfin pas trop, mais surtout égocentrique. Cela va avec son côté un peu immature. Elle a souvent besoin d'attirer l'attention sur elle, ne supportant pas d'être invisible aux yeux des autres. Comme une jolie petite fleur a besoin de soleil, elle a besoin d'amour. D'ailleurs elle parle avec n'importe qui, la petite idiote. Son égocentrisme a tendance a lui rendre difficilement compréhensible les sentiments des autres lorsqu'ils ne sont pas clairement énoncés.

Voleuse : Voler, ce n'est pas vraiment méchant dans le fond... S'ils avaient une bourse pleine d'or sur eux, c'est qu'après tout, ils devaient en garder une quantité phénoménale chez eux ou à la banque... Elle n'a aucun scrupule à voler. Pour elle, tout devrait être gratuit, ça serait quand même beaucoup plus simple.

A perdu contact avec la réalité : Cela fait longtemps que réalité et rêverie se mêle pour elle. Elle peut très bien vous faire la gueule parce que dans un de ses rêves, vous étiez méchant avec elle. Mais il ne faut pas s'en faire, elle n'est pas bien rancunière.

Volage : Pour elle, coucher n'est pas tromper. Il y a une claire distinction entre passer un bon moment au lit avec quelqu'un et être amoureux.

Esprit libre : Elle n'aime pas trop qu'on lui dicte ce qu'elle doit faire. Il lui arrive même de dire le contraire de quelqu'un par pur esprit de contradiction. Elle a bien assez souvent été enfermée dans sa vie et ne tient pas à ce que cela se reproduise, de n'importe quelle façon. Elle voit l'esclavage d'un très mauvais œil.

Ne comprend pas la mort : D'un côté la mort l'attire et en tant que demi banshee, partiellement élevée par une banshee transformée, c'est une notion qu'elle a eu l'occasion de côtoyer. Mais elle a du mal à saisir l'aspect définitif. Par mort, nous pouvons aussi bien entendre la mort de quelqu'un que la mort d'une relation ou encore la mort d'une période de sa vie. Alice a la sensation que tout peut être recréé par l'imagination. Lorsqu'elle sera déesse, il n'y aura plus de mort.

Ses objectifs dans la vie
: Prendre la place de la déesse et se faire des amis

Histoire
«j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive.»
Il suffit de bien peu pour créer une vie. Ophélie Oniri suffoquait. La banshee était allongée dans une posture gênante, les jambes écartées, sur un grand lit à baldaquin. Toutes les filles l'entouraient, soutenant la malheureuse qui n'avait pas su se protéger de la grossesse dans une grossière erreur de calcul. Ophélie n'avait pas été à l'école. Sa fille n'irait pas non plus, mais elle apprendra tout de même à compter. Et voilà, avec l'aide d'une hina "qui en avait vu d'autre", le "foutu moufton" vint au monde. C'était une fille d'une blancheur cadavérique. L'aspect du bébé mit tout de suite les cocottes mal à l'aise. Elles crurent que l'enfant était mort né. Mais la petite chose était bien vivante, et elle le manifesta par un cri strident, typique des banshees, où on pouvait déjà sentir toute l'énergie qui animerait ce corps lisse à l'apparence d'un petit boudin blanc. Les louves éclatèrent de rire et trinquèrent à la santé d'la morveuse qu'avait d'jà du caractère, comme sa mère ! C'comment qu'elle veut l'appeler déjà ? Ah oui, Alice.

Bien sûr, ce cri de vie n'avait pas la puissance du cri d'une banshee adulte. Cependant, c'est bien la seule fois où il créa une telle liesse. Ce cri, son père ne l'avait pas entendu, mais il eut comme un pressentiment. Le lendemain, il vint au lupanar s'enquérir de la santé de sa maîtresse. Vicerys Cthali, un sylphe exilé, était le client principal de la belle. J'ai bien dit "était", car lorsqu'il la mise enceinte, il arrêta totalement de forniquer avec les filles de joie. Bien qu'ancien esclavagiste, ce n'était pas un mauvais homme. En venant sur ces îles, il avait prit la décision d'arrêter ces méfaits. Sa femme, qu'il aimait encore malgré son âge avancé, n'avait eu d'autre choix que de tout abandonner pour le suivre dans sa déchéance sociale, suite à son exil. Pour l'instant, elle n'est que la femme du père d'Alice et intervient au sein d'une petite phrase dans un paragraphe trop long, mais vous verrez, elle deviendra importante par la suite.

Cet enfant, c'était le fruit d'une nouvelle faute de sa part et ça, il ne pouvait se le pardonner. La seule solution qu'il trouva fut de verser une somme d'argent régulière à Ophélie afin qu'elle s'occupe de sa progéniture et garde son secret. La petite Alice prit le nom de sa mère pour plus de sûreté et eut une enfance où elle ne manqua de rien. On pourrait même dire qu'elle fut un peu trop gâtée et couverte de cadeaux. Son père lui apportait régulièrement des jouets et venait s'enquérir de sa santé, tandis que les clients du bordel offraient volontiers les vêtements usagers de leurs enfants à la donzelle.

Les courtisanes étaient toujours gentilles avec elle. Souvent, elles avaient eu un passé tragique et une enfance difficile, ce qui les rendait d'autant plus bienveillante envers l'enfant. Cependant, nous pouvons remarquer que c'est le seul bébé qui ne fut jamais gardé au lupanar et surtout la seule mère autorisée à rester avec son enfant. Ophélie avait eu l'intelligence de partager l'argent avec ses compagnes d'infortune. Ses différentes mères lui apprirent bien des choses : Avec l'une elle faisait la cuisine, avec l'autre de la couture, une autre encore lui apprenait comment avoir les manières d'une dame, ou alors comment dérober une bourse pendant le sommeil d'un homme sans l'éveiller... Bref, elle s'amusait tout de même bien au milieu de ses dames qui cachaient leurs problèmes derrière un sourire et leurs différences derrière une solidarité sans faille.

Le soir venu, lorsque le nombre de clients était important et que ce n'était vraiment pas le moment pour une petite fille de traîner dans une maison close, Alice restait dans sa chambre. Au milieu de ses peluches et des poupées qu'elle confectionnait elle-même, elle s'inventait tout un monde. Son propre monde, où elle était la déesse elle-même, choisissait ce qu'il adviendrait de chacun, intervenait dans les affaires des mortels. Elle ne jouait pas à être la princesse d'un royaume, ou à partir à l'aventure, non, elle était la narratrice omnisciente des histoires de ses personnages et c'était elle qui provoquait toutes les catastrophes qui leur arrivaient. Mais Alice était une déesse magnanime et ses créatures finissaient toujours par survivre - ou revivre c'est selon - en finissant heureux et amis pour la vie.

Sa vie était plutôt heureuse, elle se satisfaisait de cette existence sans problème et de ce petit paradis que lui offrait ses parents. Les clients commençaient même à apprécier cette gamine un peu délurée, au sourire narquois et toujours en train de courir partout. C'était une demi, un peu effrayante en apparence, mais ici personne n'irait l'insulter pour sa condition. Sa mère ne lui apprit qu'à l'âge de 10 ans le fait qu'elle vivait dans une maison de passe, la considérant comme trop jeune avant pour évoquer leur activité, réprimandant d'un regard courroucé les filles qui faisaient des allusions sexuelles devant Alice. Cela n'avait pas été trop dur de lui cacher, l'enfant était d'un naturel crédule et naïf. Elle posait souvent des questions, mais elle admettait toutes les réponses, même les plus illogiques et loufoques. Dans le fond pour Alice, un mensonge devient vérité à partir du moment où il est formulé, tandis qu'une vérité non formulée n'était qu'un mensonge. La petite elle même mentait facilement, mais jamais à de mauvais desseins et elle était toujours franche sur ses sentiments et ce qu'elle ressentait.

Elle avait 16 ans lorsqu'un soir, elle entendit le cri strident de sa mère retentir dans l'ensemble de la bâtisse. Déjà au lit à ce moment là, elle avait ses deux lapins dans les bras, un noir et un blanc. Ce fut comme si d'un coup, on lui avait asséné un coup de poing dans le ventre. Elle suffoquait. Ses lapins toujours dans les bras, elle courut, plus vite que jamais. Elle passa le seuil de la porte, les yeux écarquillés. Les draps étaient en sang, le corps de la hina qui l'avait mise au monde y gisait. Son visage semblait terrifié. La tête était tombée, sur le sol, la hache sur l'oreiller. Un grand nombre de bougies avaient été soufflées par le cri de sa mère, plongeant la pièce dans une semie obscurité. Elle essaya d'imaginer à quoi ressemble la flamme d'une bougie après qu'on l'a soufflée. Plus tard, elle apprit que c'était l’œuvre d'une épouse jalouse, épouse ayant la particularité d'être habituée aux travaux sanglants et à achever les maitresses de son homme. Ce monde n'a aucun sens.


Le crépuscule avait envahi la chambre, baignée par la clarté lunaire à la lumière plus forte que jamais, comme exacerbée. Alice portait la plus belle robe que vous n'ayez jamais vu, d'un blanc immaculé, plus belle que celle des mariées encore, tout en satin et en perles de nacre. On eut dit une déesse. Ses grands yeux avaient doublés de taille et leur iris avait disparu, ne laissant place qu'à une pupille dilatée et effrayée. Vous n'aviez jamais remarqué qu'elle était aussi pâle que la lune.

La belle jeta un regard noir vers vous. Mais peu l'importait d'avoir des spectateurs, n'était elle pas grandiose ? Ses poupées lévitaient autour d'elle, grâce à la force des vents qu'elle provoquait, des poupées devenues blanches, en dehors de leur bouche qui affichaient un rictus cruel. Ses deux lapins d'une cinquantaine de centimètres se tenaient en avant, armés d'une chacun d'une grande faux de leur couleur et d'une montre à gousset. Ils portaient un veston rouge avec un gros nœud de papillon, ainsi qu'un pantalon bouffant noir.

Spoiler:
 

En face d'eux, une reine trônait dans un fauteuil, tout de rouge vêtue, dans une robe superbe munie d'une cape princière. Ses doigts décharnés tenaient un sceptre à la main, tandis que son crâne blanchâtre, aux lobes vidés de leur âme et aux joues de leur chair, était ornée d'une couronne d'or à moitié fondue. Soudain, elle pointa le spectre vers vous et hurla "Qu'on lui coupe la tête !".

Vous étiez certes un étranger pour Alice, qui n'aurait pas dû apparaître là, qu'elle ne devrait pas voir, qui n'appartenait pas au monde de la fiction. Elle ne vous avait pas créé et vous n'étiez pas dans son plan de base. Mais elle laissa les deux antagonistes à la reine vous défendre contre les poupées, qui se précipitaient dans votre direction avec de petites haches. Les deux lapins fendaient les corps avec leurs faux, protégeant l'alien que vous êtiez tant bien que mal. Alice était très occupée à mettre en mouvement tout ce petit monde, mais elle n'en laissait rien transparaître, se donnant un air de spectatrice de cette scène dont vous, lecteur, étiez devenu un des personnages principaux.

La porte grinça et Ophélie rentra dans la chambre de la jeune fille, ne pouvant se retenir de pousser un cri devant ce spectacle. Les poupées s'effondrèrent au sol, les deux lapins revinrent dans les bras d'Alice. Alice dont les yeux formaient maintenant deux spirales noires qui prenaient presque toute l'étendue de son visage, tournoyant lentement d'un air aussi effrayant que pathétique. Sa mère hurla - d'un cri normal, non celui d'une banshee - et s'enfuit en courant.

Durant plusieurs jours, Alice vécu dans son monde à elle, le monde qu'elle créait sur-mesure et à sa grandeur au sein de sa chambre. Grâce à cette ellipse, vous éviterez de perdre la tête - accordez moi au moins votre reconnaissance ! - et vous serez épargné de toutes les folies qu'elle put inventer. Son nouveau pouvoir était non seulement envahissant, mais en plus effrayant pour son entourage qui n'osait plus ouvrir la chambre de l'enfant. Seule sa mère eut le courage de déposer rapidement eau et nourriture sur son palier avant de précipitamment refermer la porte. A clef. Il n'était plus question de la laisser sortir maintenant, même si le monde qu'elle se créait devenait beaucoup moins cauchemardesque au fil des jours.

Vicerys Cthali, son père pour celui au fond qui suit pas, fut alerté du problème. Enfin, alerté. Ophélie était d'accord avec les prostituées : Elles ne pouvaient pas garder cette "cinglée d'hystérique" dans leur maison, elle allait finir par embrocher quelqu'un, voir elle-même. Soit il la prenait avec lui, soit elles appelaient l'asile.

Lorsque Vicerys vint constater les dégâts, Alice était en train de prendre le thé avec ses amis. Elle l'invita gentiment à sa table. Le sylphe ne se laissa pas démonter, il en avait vu d'autre au cours de sa carrière d'esclavagiste. Il ne lui fallut que très peu de temps pour comprendre la supercherie.

Pour tout dire, Vicerys avait bien plus peur de la réaction qu'aurait sa femme que de l'enfant. Son seul espoir résidait dans le fait qu'ils n'avaient jamais pu avoir d'enfant, sa dulcinée étant une banshee transformée. Toute relation sexuelle leur était même impossible, puisqu'elle passait à travers son corps. Mais cela n'empêchait en rien leur amour, même s'il entendait parfois le mot "nécrophile" sur son passage dans la rue, tandis qu'elle était gratifiée de "cougar" en raison de son âge avancé, près de 800 ans, là où il n'en avait que 110. Mais l'immortalité et son immatérialité ne l'empêchait en rien d'être jalouse. Après tout, elle s'abstenait de toute relation sexuelle - il faut dire qu'elle n'avait pas le choix - et elle ne voyait pas pourquoi il ne pourrait en faire de même.

L'épouse de Vicerys lui fit sans surprise un scandale. En arrivant à Val'Hulm, le couple avait eu la chance de pouvoir enfin se marier, car trouver un prêtre prêt à former une union pareille n'était pas chose aisée. Ainsi, elle prit le nom de son mari et devint Ashren Cthali. Ce n'était pas très joli, mais elle n'allait pas faire la difficile. Ce nouveau nom lui donnait comme un souffle nouveau, il avait l'air d'un grand changement dans sa longue vie.

Cependant, avant de lui faire un scandale Ashren prit le temps d'écouter les propos de Vicerys. Son âge lui avait appris la patience et qu'il était toujours idiot de partir sur un malentendu parce qu'on n'avait pas su écouter. Et puis il y avait cette gamine, enfant d'une banshee et d'un sylphe, qui aurait très bien pu être la sienne et qui regardait partout d'un air perdu, sans comprendre pourquoi on l'enlevait à sa maison, pourquoi son père l'emmenait chez lui que maintenant. Pourquoi on ne lui avait même pas dit aurevoir. L'enfant gambadait cependant dans la maison, jouant avec une mouche ayant pris l'apparence d'un petit papillon qu'elle avait imaginé aux teintes chatoyantes.

Alice fut adopté, mais la banshee cessa d'adresser la parole à son mari pendant un mois, tandis qu'il ne pouvait même pas l'éteindre pour lui manifester son affection. Ashren ne lui en voulait pas tant que ça de l'avoir trompé. Mais lui avoir menti pendant tout ce temps, et pire encore, avoir laissé la gamine grandir dans un lupanar ! Ça, elle ne le tolérait pas. Cependant, sa consolation était de voir sa femme retrouver le sourire face à cette petite qui changeait son environnement et mettait de l'imprévu dans sa vie ennuyeuse. A 16 ans, Alice paraissait très jeune avec sa petite taille et se comportait toujours comme une enfant. Décrochant de plus en plus prise avec la réalité, son pouvoir n'arrangeait absolument pas son immaturité. Dès qu'elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait, soit elle l'inventait, soit elle hurlait et pleurait toutes les larmes de son corps.

Et ce qu'elle voulait retrouver particulièrement, c'était ses mères. Le contact de leurs mains, de leurs corps, la chaleur de cette maison, les rires qui fusaient. Ici, elle n'avait qu'une banshee qui ne pouvait rien faire, pas même travailler, pas même coudre, pas même lui tapoter la tête. Malgré tout, elle appréciait Ashren, qui lui rappelait sa propre mère et qui lui accordait beaucoup d'affection. Avec patience et malgré les délires environnant à la moindre trace d'émotion, sa belle-mère lui apprit à lire et à écrire.

Cependant, la dame ne réussissait pas à canaliser Alice, à lui apprendre à maîtriser son pouvoir. Comment expliquer à cette enfant qu'il ne fallait pas qu'elle utilise sa magie, alors qu'elle ne comprenait même plus la différence entre la réalité et l'imaginaire, puisque l'imaginaire devenait réalité ?

Mais le temps fit son travail de lui-même. En grandissant, l'imagination d'Alice devenait moins prolifique, elle ressentait moins ce besoin de transformer ce qui l'entourait. Elle restait très immature et les conventions sociales continuaient de lui échapper, mais elle avait cessé de tout modifier à tout bout de champ. Cela lui permit même de sortir de chez elle sans effrayer tout le monde. Mais sous les conseils d'Ashren, elle ne sortait jamais sans un couteau.

Cette nouvelle famille avait modifié bien des choses dans le quotidien de la jeune fille. Elle s'habillait maintenant avec de belles robes, elle n'avait plus besoin de s'inventer constamment une tenue, ce qui était déjà une petite victoire aux yeux d'Ashr. Si elle avait passé le plus clair de son temps à jouer au sein de la maison close, il en était ici légèrement différent. Son père travaillait la journée, elle restait donc avec la banshee et lui tenait compagnie. Sa belle-mère ne se contenta pas de lui apprendre à lire et écrire, elle lui apprit également les bases de la géographie et de l'histoire, les manières qu'était censé avoir une dame - mais Alice faisait un peu tout de travers - et à jouer du piano.

Ce qu'elle ne lui apprit pas, c'est la religion. Elle ne niait pas l'existence de Katarina, mais comme beaucoup de banshee, l'idée de prier ou de vouer un culte d'une quelconque façon à la déesse lui était étranger. Elle lui disait souvent qu'elle était "sa petite déesse à elle" et qu'elle viendrait la prier si elle avait besoin de quelque chose. Et c'était un peu ce qu'elle faisait, profitant de la matérialité de l'enfant pour l'aider dans les tâches ménagères, faire la cuisine pour Viscerys et elle-même ou encore depuis qu'elle pouvait sortir, aller au marché. Ses activités permettaient de divertir la banshee, qui avant avait des journées bien tristes à vaquer dans la ville telle une âme en peine ou à chanter, dernière joie qu'elle puisse s'accorder. Ainsi, la musique était une des rares choses qu'elles pouvaient partager.

Ashren tenta bien de parler avec Alice, de la raisonner, de l'aider à devenir plus mature. Mais ce fut peine perdue. De plus, elle cédait facilement aux caprices, n'ayant jamais élevé d'enfant, même dans sa vie mortelle, et supportant mal la vue des larmes de cette petite pleine de vie. Elle n'avait pas non plus réussi à écarter les peluches de la fillette, qui avait amené avec elle du lupanar ses deux lapins. Depuis le meurtre de la prostituée, elle gardait toujours un de ses protecteurs avec elle.

Viscerys gardait avec Alice l'attitude qu'il avait toujours eue. Il lui parlait peu, mais s’enquérait de sa santé, se pliait en quatre pour lui trouver des médicaments au moindre petit éternuement, lui ramenait régulièrement des gourmandises sucrées. Un peu maladroit, il ne savait pas toujours comment réagir face à cette enfant un peu spéciale, qui lui sautait au cou avec la spontanéité d'un chien, inventait des aventures rocambolesques quand il lui demandait comment c'était passé sa journée et transformait l'apparence des meubles selon ses humeurs.

Alice revint pour la première fois dans la maison close à 22 ans. Elle fut d'abord accueilli par l'effroi de ses mères. Mais en voyant que rien de bizarre n'arrivait, elles l'accueillirent avec joie, particulièrement sa véritable mère à qui elle avait manqué. Au grand damne d'Ashren, Alice passa plusieurs soirées dans ce "lieu sordide" selon ses propres terme, quand elle décrivit la situation à son mari avec un regard accusateur. Et un jour ce qui devait arriver arriva, et l'adolescente perdu sa virginité au cours d'une soirée. C'était avec un ondin d'une grande beauté, à sa décharge. Mais la demi n'était pas vraiment amoureuse, et cette relation prématurée - elle ne serait pas considérée comme adulte avant 28/30 ans - ne lui avait fait ni chaud ni froid. Cela attisa tout de même le courroux d'Ashren lorsqu'elle l'apprit. En plus, une hybride même pas adulte avec un ondin ! Elle ne se rendit pas compte du racisme de ses propos qui était quelque peu ironique au vu de sa propre situation.

La compagnie fantomatique d'Ashren l'ennuyait de plus en plus. Leur différence d'âge et le peu d'activité possible avec elle lui devenait doucement insupportable. Sur bien des points, Alice la trouvait rétrograde et elle se rapprochait de plus en plus de son père. Elle se fit également des amis de son âge grâce à la fréquentation du lupanar et des rues. Parfois, elle revenait en ayant un peu trop bu, et son pouvoir en était exacerbé, ce qui exaspérait Ashren et était la cause de fréquentes disputes. Viscérys se disait simplement qu'il avait été pareil il y a quelques décennies, il fallait que jeunesse se passe. C'est au sein d'un de ces groupes de petites frappes qu'elle rencontra une jeune diablotin la nuit tombée, dénommée Trixie Lulamoon.

Spoiler:
 

La belle était une prestidigitatrice de talent qui organisait ses spectacles le soir. Elles avaient le même âge, 26 ans, cependant l'espérance de vie des diablotins rendaient la tyrannique Trixie bien plus âgée qu'Alice. Oui, j'ai bien dit tyrannique, car la belle était imbue de sa personne et aurait dominé le monde si elle le pouvait. Cependant, cette attitude amusait la demi, qui ne pouvait s'empêcher d'être fascinée par les tours de la belle bleue.

Leur amour fut immédiat. Le pouvoir d'Alice plut tout de suite à Trixie, qui lui proposa de devenir son assistante. Elle égayait ses spectacles, en rajoutant une petite touche supplémentaire. En voulant l'aider, sans même s'en rendre compte, Alice utilisa consciemment ses pouvoirs, ce qui était une première pour elle. Cependant, c'est à relativiser, la frontière entre le vrai et le faux restait toute relative pour elle. Quand elle voyait la grande et puissante Trixie faire ses tours de passe passe, profitant allègrement de sa capacité de téléportation, c'était exactement comme si c'était vrai aux yeux d'Alice.

Viscérys et Ophélie vinrent à de nombreuses reprises observer ses spectacles, heureux que leur fille ait trouvé quelqu'un de son âge qui l'accepte et un domaine où elle puisse exceller. Sa belle mère n'avait cependant pas la même opinion... Que sa petite fille chérie commence à traîner avec une gamine des rues, déjà, ça ne passait pas très bien. Qu'elle en tombe amoureuse, encore moins. Mais quand elle commença à dormir de jour, l'abandonnant à sa triste vie d'observatrice, pour rejoindre la diablotin une fois la nuit tombée, ce fut trop. Le lien qui les unissait et le rapport fusionnel qu'elles eurent quelques années plus tôt se rompit. La banshee se mit doucement à renier cette demi qui n'était même pas sa fille.

Mais Alice n'en avait cure. Trixie était une magicienne, une vraie, et elle regardait avec des étoiles dans les yeux cette jeune femme égocentrique. La Lulamoon adorait cette gamine, certes un peu immature mais toujours partante pour tout, qui la regardait comme personne ne l'avait jamais regardé. Souvent en amour, il y en a un qui aime plus que l'autre, et ici c'était clairement Alice. Mais cela leur allait à toutes les deux, ce n'était donc pas un problème.

Leur relation fut courte, mais passionnée. Ensemble, elles faisaient les 400 coups, volant le chocolatier du coin, peinturlurant d'insultes la maison des bourgeois - même si techniquement, Alice appartenait un peu à cette catégorie quand même - ou encore en dégottant un peu de Vathmel en payant avec une bourse chipée. La belle vie quoi.

Trixie apprit l'art de manier la rapière à Alice. Ce ne fut jamais très fructueux et elle-même ne la maniait pas très bien, mais depuis elle garde toujours sur elle celle que son amour de jeunesse lui a offert. Bien que restant incroyablement naïve et immature, elle apprit à se défendre et ne pas tomber dans le moindre piège. Souvent, Alice découchait et allait dormir la journée dans une de ces planques que connaissent bien les gens de la rue, des squats ou au moins des endroits abrités. Le climat de Val'hulm a au moins le mérite de permettre de dormir dehors sans trop de crainte, surtout quand on dort de jour. Trixie lui apprit également à jouer quelques accords d'harmonica lors de ces soirées ensembles.

Mais si cet amour ne dura pas, c'est parce qu'Alice demeurait fidèle à elle-même. Immature, sujette aux emportements, parlant souvent avec sa peluche ou un de ses amis imaginaires, bornée, incapable d'admettre ses torts ni qu'on lui refuse quoi que ce soit. Leur dernière semaine ensemble fut peuplée de gène, Trixie essayait d'éviter Alice, qu'elle ne détestait pas, mais qu'elle ne supportait tout simplement plus. Un jour, elle finit simplement par lui dire la vérité en face.

Mais Trixie n'était pas une grande oratrice, elle ne trouva pas les bons mots. Elle voulait simplement se débarrasser de cette tâche difficile et lui balança ce qu'elle avait sur le cœur sans y mettre aucune forme, sauf peut-être celle de l'exaspération, si tenté que cela soit une forme. Folle de rage, ne maitrisant pas sa colère, l'hybride poussa un cri d'une stridence assourdissante et dégaina sa rapière. Son lapin prit l'apparence qu'il avait eu des années auparavant, à ses 16 ans, face à la reine rouge. Effrayée, Trixie choisit simplement de se téléporter plus loin, fuyant l'affrontement, laissant la jeune fille à son courroux. Alice ne revit plus jamais la diablotin.

De retour chez son père, elle resta longtemps enfermée dans sa chambre, où elle créa une poupée grandeur nature de la diablotin, qui n'était pas bien grande comme tous les gens de sa race. Une fois fini, elle essaya de reconstruire le personnage avec son imagination, articulant la poupée à l'aide des vents qu'elle créé. Mais rien n'y faisait. Ce n'était pas la grande et puissante Trixie Lulamoon. Choquée et surtout frustrée, Alice s'acharna pendant des jours à recréer ce qu'elle avait perdu, plongée dans un délire profond, sous la garde exaspérée d'Ashren. La banshee ne supportait plus non plus cette fille qui ne voulait pas grandir, atteinte du syndrome de Peter Pan.

C'est là qu'une idée stupidement géniale germa dans la tête d'Alice. Si elle ne pouvait recréer Trixie, c'est parce que sa magie n'était pas à son plein potentiel. Katarina, la déesse, arrivait bien à créer ce qu'elle voulait, comme elle voulait ! Pourquoi pas elle ? Il suffirait que celle-ci lui cède ses pouvoirs. Il suffirait qu'elle destitue la déesse, formante le plus grand coup d'état possible et qu'elle l'oblige à lui céder sa magie. Après tout, si Katarina avait été capable de créer ce monde, elle serait bien capable de lui céder ses pouvoirs. Alice avait tout pour prendre la relève, la preuve, elle créait déjà autour d'elle.

Mais pour formanter cette révolution, il lui faudrait des fidèles, des fidèles qui soient d'accord avec elle. Plus elle réfléchissait, plus cette idée lui semblait être à portée de main. Ne serait elle pas meilleure qu'elle, qui dort la moitié de l'année et qui a créé un monde d'injustice ? Un monde absurde peuplé de races différentes qui se détestent ? Où peuvent vivre des créatures comme sa belle-mère, condamnées à errer jusqu'au suicide ? Ce monde si compliqué, dont elle ne saisit pas les nuances, qui finit toujours par la rejeter, il est entièrement l’œuvre de Katarina. Son monde à elle serait à son image : Chaotique.

Alice partit de chez elle peu après cette révélation, emportant avec elle la plupart de ses poupées. Quand elle annonça la nouvelle à son père, celui-ci répondit avec un sourire amusé, croyant encore à une de ses farces "Tu seras toujours ma petite déesse à moi de toute manière". Mais en comprenant qu'elle était très sérieuse à propos de quitter Val'hulm, il s'affola et lui fit promettre de lui écrire régulièrement, tout en lui assurant qu'elle aurait toujours une place chez lui.

Sa mère fut beaucoup moins sentimentaliste et lui demanda immédiatement "Mais de quoi tu vas vivre ? Et puis tu ne penses même pas toujours à mettre tes vêtements à l'endroit, tu n'as jamais vraiment travaillé, tu ne peux pas partir comme ça !". Sa réaction provoqua les larmes d'Alice, mais elle réalisa tout de même qu'elle n'avait pas complètement tort.

Elle décida de faire d'une pierre deux coups : Elle apportera joie et bonheur et à la population et trouvera le moyen de résoudre leurs problèmes. Une fois qu'ils lui seront reconnaissant, elle pourra les intégrer à son ordre, à la révolution qui est en marche ! Elle sera à la tête d'une nouvelle religion, une religion aux allures d'une nation. Bon, petit détail, elle comptait quand même se faire payer pour les services qu'elle rendra.

Il lui suffirait d'accomplir quelques hauts faits, tuer une créature dangereuse par exemple, aider à gagner une bataille, libérer les esclaves, et alors elle pourra obtenir argent et gratitude. Mais il lui fallait un moyen pour reconnaitre ses croyants. Il leur suffirait de porter un signe rappelant un lapin noir ou un lapin blanc. Une petite broche, un chapeau, n'importe quoi ferait l'affaire !

Sa mère la regardait s'emporter dans son discours, mi-inquiète, mi-amusée. Sa fille comptait devenir mercenaire, en bref. Mais elle comprit surtout qu'elle aurait bien du mal à la convaincre de ne pas partir, à moins de l'enfermer à nouveau. Cependant, Alice savait se défendre et elle le savait, et puis elle ne pouvait pas tomber plus bas qu'elle même après tout... Sortir de cette île, ce véritable trou à rat, ne lui ferait pas de mal. Son père lui enverra sûrement de l'argent pour compléter ses fins de mois. Cette idée la rassura plus que toutes les autres.

C'est ainsi qu'à 26 ans, elle partit à l'aventure. Si elle n'a encore rien accompli pour l'instant, elle a tout de même quelques fidèles. Essentiellement des orphelins qu'elle a aidé à retrouver le sourire avec ses poupées, mais tout de même ! La belle s'entraîne régulièrement avec son arme et se laisse aller au gré des routes, vivant en grande partie de l'hospitalité et du vol, notant intérieurement tout ce qu'elle changera une fois qu'elle sera déesse. Son culte a maintenant un nom, celui du Wonderland, promettant à tout ceux qu'elle voit de créer ce pays merveilleux... et effrayant de ses illusions cauchemardesques ceux qui n'admettaient pas sa grandeur.

La révolution est en marche.

 
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MessageSujet: Re: Alice Oniri - Le monde passera de l'autre côté du miroir   03.05.16 20:15

Bienvenue & Validation

Je t'ai déjà souhaité la bienvenue sur la cb (et fait plein de commentaires sur ta fiche aussi). Ta perso a un caractère tellement spécial que j'ai du mal à décider si c'est une leadeuse de rébellion absolument pas crédible (gamine, tout ça), ou un vrai danger pour les dirigeants de Nitzihell. Enfin, sauf moi.

Du coup tu es validée (avec tous les détails que je t'ai envoyés sur la cb ou par mp le contraire aurait été étonnant ^^). J'aurais juste besoin de savoir ton métier "officiel" pour le mettre dans ton rang =)

N'oublie pas de passer te référencer dans les listings, tu peux ensuite te créer un Journal d'aventures et faire une demande de rp ou poster un rp libre. Tu peux aussi faire une demande pour avoir ta maison ou un autre lieu.
Amuse-toi bien !
 
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MessageSujet: Re: Alice Oniri - Le monde passera de l'autre côté du miroir   05.05.16 0:53

Hellow !

J'ai déjà eut l'occasion de te croiser en cb du coup mais officiellement bienvenue :)


Un personnage qui ma foi a l'air intéressant, hâte de voir ce que ça va donner :D J'aime bien son concept très spécial, puis Alice, Wonderland, tout ça... :p

On pourra peut-être se croiser entre illusionnistes, qui sait :)

Hâte de te voir en jeu en tous cas ! :3
 
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Alice Oniri
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MessageSujet: Re: Alice Oniri - Le monde passera de l'autre côté du miroir   05.05.16 10:01

Merci !

Je crois que ça va beaucoup dépendre du forum pour le coup, si jamais elle commence à être suivie dans son délire, elle pourrait effectivement devenir un véritable danger public xD

J'aimerais bien voir ça ! Tu vas créer des illusions tandis qu'Alice va changer l'apparence de ce qu'il y a autour, ça deviendrait totalement fou.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
 
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