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 Réunion de famille [PV]

Rakyn M. Durante
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Masculin Race : Change-forme (dragon de lumière)
Pouvoir : Illusions musicales
Métier/Activité : Noble et artiste
Date de naissance : 07/03/1980
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MessageSujet: Réunion de famille [PV]   31.03.16 21:59


Il avait longuement hésité avant de franchir ce pas, qui était tout de même de taille. Cela faisait plus de vingt ans que sa sœur aînée avait disparu de sa vie, et avec elle toute famille qu'elle aurait pu établir avec l'homme qu'elle avait préféré à celui que leur destinait leur père, le plongeant ainsi lui, Rakyn, dans les dures contraintes d'un austère devoir qu'il n'avait ni choisi, ni désiré. Kalani, peut-être par choix, peut-être par conscience de tout ce que ce choix avait eut comme impact sur lui, peut-être par ignorance de la mort de leur père, n'avait jamais cherché, même sur son lit de mort, à le recontacter, à renouer le contact avec lui. Comment aurait-il réagit si cela avait été le cas ? C'était une question qu'il s'était souvent posée au cours de ces derniers mois, et à laquelle, avait-il conclu, il n'aurait jamais de réponse. Un millier de « et si » possibles surgissaient dans son esprit, bien trop pour pouvoir trancher.

En revanche, il savait comment il avait réagit quand sa nièce, issue de ce mariage d'amour qui avait brisé la volonté paternelle et déformé de façon indélébile son propre destin, avait finalement renoué le contact familial, pour l'avertir de la mort de Kalani : mal. Le ressentiment, la rancœur longtemps cuite et recuite, toutes ces émotions négatives, avaient pris le pas, et sa réponse avait été sèche, brutale. Pourtant, avec le temps, l'amour, le souvenir des joies passées, avaient eux aussi pris en force, jusqu'à craqueler cette première couche glacée. Il avait tenté de faire amande honorable de la même façon qu'il avait réagit de prime abord, par voie épistolaire, mais sans jamais recevoir de réponse. Là encore, de nombreux scénarios étaient possibles, dont la plupart puisaient leurs racines dans un ressentiment né en miroir de la sécheresse de sa propre réponse, justement, qu'on ne pouvait guère qualifiée autrement que d'insensible. Avait-il seulement été lu, après cette première lettre, sans doute douloureuse pour une jeune fille en deuil ?

S'il était également difficile de répondre à cette question par lui-même, cela n'avait néanmoins rien d'impossible, il suffisait simplement de venir voir ce qu'il en était pas lui-même. Il se faisait fort d'être plus difficile à ignorer qu'une lettre et, si jamais le traitement était malgré tout le même, il aurait tout de même eut sa réponse. Il souhaitait également aller visiter la tombe de sa sœur, car s'il ne pouvait dire quelle aurait été sa réaction exacte devant une Kalani vivante, il pouvait en revanche, après avoir sondé les tréfonds de son cœur, dire qu'il était prêt à lui pardonner en tant que morte. Après tout, les morts ne méritaient-ils pas le pardon ? Ils ne pouvaient de toute façon guère être touchés par la haine, maintenant, ni par les reproches, et en-dehors de cela, il lui restait beaucoup de bonheur dans les pensées que lui évoquait sa sœur.

Il avait donc décidé de faire le voyage, prenant prétexte d'accompagner une caravane à laquelle s'étaient joints certains de ses gens, qui souhaitaient faire du commerce à Maarnil, le village d'où lui avait écrit sa nièce, et où il savait qu'elle vivait encore, avec son époux. Il voyageait non pas dans le complet anonymat, mais sans faire étalage de son rang, pris sans doute par les étrangers du groupe pour un gentilhomme quelconque. La caravane n'était pas bien grande, mais il fallait avouer aussi que de toute façon, à moins de le prendre par surprise – et le simple fait d'être au sein d'un regroupement d'autres gens rendait cela peu probable – il n'y avait pas beaucoup de créatures dans les Plaines Infinies capables de poser problème au dragon de lumière adulte qu'il était également, et qui en plus, le cas échéant, pouvait se sauver par les airs.

Du reste, le voyage n'avait même pas requis cette extrémité, car aucune menace véritablement sérieuse n'était venue se mettre sur le chemin du petit groupe : tout avait pu être réglé par la voie des armes, sans avoir besoin de quitter sa forme humaine pour l'autre – ce qui était moins coûteux en vêtement. Finalement, une fois arrivé, il se rendit jusqu'à la maison où sa sœur avait vécu, et où, d'après les gens qui l'avaient renseigné, sa nièce tenait toujours boutique. Il contempla un instant la simple demeure où Kalani avait bâti sa vie, sentant une étrange douleur, pleine de regrets, poindre en son cœur, mais chassa rapidement cette pensée, secouant la tête pour s'approcher de la porte de la boutique.

Il portait des vêtements simples, un pull bleu clair et une veste brune qu'il appréciait assez, qui lui donnait un air distingué, sans doute, mais loin des dorures de son rang véritable, et tenait dans sa main un bouquet de roses rouges qu'il destinait à la tombe de sa sœur. De l'autre main, il toqua à la porte, puis entra dans la boutique, curieux de découvrir sa nièce, si elle était bien là...
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   01.04.16 5:00


Réunion de famille
Elyssa se laisse aller à de sombres pensées lorsque son oncle, un inconnu ayant nié tout lien familial, se présente à la boutique.

Elyssa parle en mediumpurple
Feat.

Elyssa C. Sedan &
Rakyn M. Durante

Il arrivait parfois que certaines choses se réalisaient simplement parce qu’on y pensait avec suffisamment de concentration. Par exemple, si Elyssa voulait une journée calme à la boutique et qu’elle le souhaitait assez fort, peu de clients se présentaient comme s’ils pressentaient sa fatigue. Il arrivait également que l’effet inverse se produise et qu’elle se retrouve débordée par le boulot.

En cette journée, l’herboriste avait la tête ailleurs. Elle avait laissé Nox au comptoir de la boutique puisqu’il n’y avait aucun client et elle s’était dirigée au deuxième. Il était rare qu’elle retourne dans son ancienne habitation, il y avait trop de douloureux souvenirs. Tout était recouvert d’une fine couche de poussière qui se souleva lorsqu’elle ouvrit les fenêtres afin d’aérer le modeste appartement.

Rien n’avait changé depuis son départ : la salle commune où ses parents lui avaient raconté des histoires et où Kolin avait dormi les premières semaines après la mort de sa mère, la cuisine où celle-ci avait cuisiné tant de repas et où son père avait bu cette infusion empoisonnée, sa propre chambre qui avait été son sanctuaire avant d’être le lieu où toute innocence avait été perdue, puis celle de ses parents où chacun de ceux-ci avaient dépéri lentement avant de s’éteindre.

Sur la commode de la chambre des maîtres, contre une photographie de Kalani et Zeru lors de leur mariage, reposaient des enveloppes scellées. Adressées à Elyssa, elles provenaient du comte Durante, cet oncle qui n’avait pas voulu pardonner à sa mère son départ de la famille, même après sa mort. La jeune femme n’avait pas voulu savoir pourquoi il tentait de la contacter après ce message court qu’il avait envoyé, visiblement peu intéressé à renouer avec eux. Elle présumait que c’était des propos légaux regardant ses droits, ou plutôt l’absence de droits, au nom et aux ressources familiales, des formalités suite à la mort de sa mère.

Passant un doigt sur le contour de la photographie encadrée, Ely se mit à souhaiter que son oncle change d’avis et vienne la réclamer. Bien sûr, les chances étaient faibles si elle se fiait aux deux lignes froides reçues précédemment, mais cela ne l’empêchait pas de le souhaiter du fond de son cœur. Elle perdait espoir, comme il lui arrivait parfois, et l’état de Kolin ne s’améliorait pas. Seulement l’autre jour, en rentrant de sa rencontre avec Ren, il l’avait prise avec tant de force contre la table à dîner où reposaient encore les couverts qu’elle s’était retrouvée avec des morceaux de porcelaine brisée dans le dos. Il avait également eu les paumes déchirées par des fragments de verre, mais sa douleur intérieure était trop grande pour l’arrêter. Il l’avait ensuite suppliée de ne plus manquer l’heure du repas, de ne pas le laisser seul, tandis qu’elle avait pris soin de ses coupures et elle lui avait promis, au grand désespoir de Nox qui ne supportait plus de la voir ainsi violée.

Elyssa savait bien que c’était une relation toxique, elle savait qu’elle avait besoin de quitter avant que Kolin n’aille trop loin et qu’elle y laisse sa peau. Elle n’avait simplement pas la force de l’abandonner, incapable d’abandonner une âme aussi souffrante. Pourtant, peu importe ce qu’elle faisait, ce n’était pas assez. Son mari continuait de sombrer dans la noirceur et elle commençait à se perdre avec lui. Des journées comme aujourd’hui, elle avait simplement envie de s’écraser sur le sol et d’y rester jusqu’à ce que son corps se soit vidé de toutes les larmes en elle. Pourquoi ne pouvait-elle pas les sauver? Kolin, son père, sa mère…

Ely… un client vient de se présenter. Je suis désolé, mais il faudrait que tu descendes, douce fleur.

La voix de son familier vint interrompre les pensées de la jeune femme encore dans la chambre de ses parents. Nox, sentant sa douleur, avait été aussi doux que possible. Il était parfois dur avec elle, car il espérait ainsi la convaincre d’enfin prendre le courage dont elle avait besoin pour se sauver elle-même. S’il l’avait pu, il l’aurait fait lui-même, mais il était limité dans ses actions.

Prenant une grande inspiration, Elyssa ferma les yeux afin de retrouver une allure présentable, puis descendit les escaliers qui menaient à la boutique. Elle arriva derrière le comptoir et vit un homme avec un bouquet de roses dans les mains. Il ne semblait pas être un client ordinaire, et elle ne l’avait certainement jamais vu avant. Cependant, il lui était étrangement familier. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais elle avait envie de se jeter dans ses bras et d’y trouver réconfort et soutien.

Avec la distance professionnelle qu’elle utilisait toujours en s’adressant à ses clients, l’herboriste approcha l’homme, sourire vide sur les lèvres. Puis, elle récita ses mots de bienvenue, pratiqués maintes fois pour sembler accueillants.

« Bienvenue dans ma modeste herboristerie. Comment puis-je vous aider, monsieur? Cherchez-vous quelque chose de particulier? Nous avons toutes sortes d’herbes et de remèdes pour vos maux physiques, quel qu’ils soient. »

Elle ressemblait à sa mère, disait-on, sauf pour ses yeux, aussi bleus que ceux de son père. Portant un chandail large et une jupe longue malgré la chaleur pour couvrir les meurtrissures sur ses cuisses, Ely avait plutôt l'impression d'être un squelette ambulant. Elle espérait simplement que le temps passé à masquer ses cernes et à rosir ses joues suffisait à convaincre ses clients qu'elle était parfaitement en santé, simplement un peu fatiguée par l'entretien de la boutique.

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   01.04.16 12:06


Dans un premier temps, la curiosité de Rakyn ne fut guère satisfaite, du moins pas sa curiosité première, car il ne trouva personne dans la petite boutique, bien que la porte fut ouverte, ce qui aurait dû indiquer la présence de la tenancière ou peut-être d'une vendeuse. Néanmoins, même au second examen, le Comte ne découvrit la présence... que d'un celmin qui agita légèrement sa queue violette en croisant son regard. Un peu surpris de trouver cette petite créature vénéneuse dans la boutique d'une herboriste, il se dit que c'était peut-être un animal de compagnie exotique pour ceux qui se faisaient fort de guérir le poison, ou peut-être un animal dont quelques gouttes du sang servaient dans certaines préparations... après tout, n'était-ce pas des poisons que l'on tirait les antidotes ? Pour tout dire, à part cette considération, Rakyn n'y connaissait pas grand chose dans le domaine de la guérison.

Il décida d'attendre quelques instants, le temps de voir si sa nièce, peut-être dans l'arrière boutique, allait arriver en ayant entendu la porte s'ouvrir, puis, à défaut, d'aller voir dans la maison de son mari, que les gens qui l'avaient renseignés sur elle – de façon élémentaire toutefois – lui avaient également renseigné. Il aurait préféré toutefois que les retrouvailles se fasse ici, en tête à tête, autant que possible et aussi, d'une certaine façon, un peu obscure, parce que c'était ici la maison où Kalani avait vécu. Comme si quelque part en lui, sans se l'avouer vraiment ni explorer cette émotion, il avait ressentit le besoin de tenter de se réconcilier avec sa nièce dans la maison de sa sœur pour, se faisant, se réconcilier aussi en quelque sorte avec le fantôme de celle-ci. Raison pour laquelle il attendait, en dépit de la boutique vide.

Une attente qui, du reste, fut finalement récompensée, par l'arrivée d'une jeune femme, comme espérée. Rakyn, qui était en train d'examiner la boutique autour de lui, y retrouvant de minces traces de la façon dont sa sœur avait jadis organisé une pièce, se retourna vers elle... et fut frappé par une « trace » bien plus tangible. Sans doute y était-il plus attentif du fait qu'il savait déjà qu'il avait affaire à sa nièce, mais, en la voyant, il n'eut pas de doute sur la réalité de ces liens. Il ne vit rien, au début, de son visage marqué par la fatigue, au moins, mais retrouva au contraire en elle comme un fantôme des vieux souvenirs qu'il conservait, datant de deux décennies. Il ne se souvenait pas de Kalani comme cette jeune fille devait s'en souvenir, mais de Kalani à ses dix-huit ans, avant qu'elle ne parte, soit à un âge fort proche de celui de la damoiselle, ce qui ne faisait qu'aviver la force du souvenir, du parallèle.

Ses traits, sa façon d'être, ramenaient mille et un souvenirs, et seule son regard, qui tranchait avec celui qui vivait dans sa mémoire, lui prouvait qu'il n'était pas en face de la sœur dont il se souvenait. Il y manquait peut-être l'étincelle d'énergie qui, le plus souvent, avait caractérisé Kalani, mais ce n'était pas un détail auquel il allait accorder immédiatement de l'importance, encore trop troublé par la ressemblance, par les nombreux souvenirs, bons et mauvais, joyeux et amers, qui remontaient à la surface. De fait, ce fut la voix de la jeune femme qui le fit réagir, des paroles de bienvenue, chaleureuses mais prosaïques, qui par leur côté ordinaire – non pas au sens dépréciatif, mais parce qu'ancrées dans la vie de tous les jours – le ramenèrent au temps présent. Ici, dans une boutique d'herboristerie, et non là bas, très loin, dans la contrée que peuplaient les souvenirs.

« Bienvenue dans ma modeste herboristerie. Comment puis-je vous aider, monsieur? Cherchez-vous quelque chose de particulier? Nous avons toutes sortes d’herbes et de remèdes pour vos maux physiques, quel qu’ils soient. »

Visiblement, lui n'avait pas été reconnu, ni même semé de doute. Il était vrai que si elle en était resté à sa première lettre, la jeune femme ne devait guère avoir de raison d'imaginer que son oncle puisse être venu pousser sa porte. Avec un sourire doux, Rakyn s'approcha du comptoir, avec dans ses gestes la noblesse qu'on lui avait inculqué, mais aussi une douceur particulière, comme s'il avait craint de briser ce moment.

« Je crains de ne pas avoir de maux particuliers à faire soigner, Elyssa... en revanche, j'espère que tu pourras apaiser certaines blessures de mon cœur, et moi les tiennes, y compris celle que j'ai dû moi-même contribuer à créer. »

Sa voix, grave et profonde, une belle voix qu'on lui avait fait longuement travailler, mais qui avait aussi toujours porter en elle cette musicalité qui la caractérisait toujours aujourd'hui, était douce, elle aussi, de même que son regard à la couleur du ciel d'été.

« Je comprendrais que tu m'en veuilles toujours après ma première lettre, mais je me suis dis aussi que les autres s'étaient peut-être tout simplement perdues, alors je suis venu moi-même te présenter mes excuses. J'étais... vingt ans et plus de rancune sont remontés comme je t'écrivais ces quelques lignes, mais morte Kalani ne les méritait plus guère, et tu n'avais en tous cas aucune part à nos désaccords. Je suis désolé, Elyssa. »

Son ton s'était fait chargé d'émotions, des émotions multiples et contradictoires, faciles à lire aussi dans ses yeux au bleu fondamental, comme il achoppait au milieu de ses phrases, mais la douceur revint alors qu'il présentait gravement ses excuses, avec le plus grand sérieux. Un noble devait toujours présenter noblement ses excuses, lorsqu'elles étaient sincères, lui avait appris son père, si longtemps au part avant, alors que la jeune fille voyait tout juste le jour. Et finalement, parce qu'un noble digne de ce nom se présentait toujours, il le fit, quoique à ce stade ce ne fut probablement plus guère nécessaire.

« Je pense que tu l'as sans doute compris, mais je suis le Comte Rakyn Durante... ton oncle, Elyssa. Je suis heureux de te rencontrer enfin. »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   02.04.16 20:30

Réunion de famille
feat. Elyssa C. Sedan & Rakyn M. Durante

« Je pense que tu l'as sans doute compris, mais je suis le Comte Rakyn Durante... ton oncle, Elyssa. Je suis heureux de te rencontrer enfin. »

Elle avait compris avec ses paroles précédentes, mais elle avait eu besoin de l’entendre de vive voix. La jeune femme avait de la difficulté à croire qu’il était vraiment là, qu’il était venu pour elle. Après tout ce qui s’était passé, après toutes les erreurs faites par chacun d’eux, après tous les sentiments refoulés et oubliés, il était là. Elle avait les larmes aux yeux, incapable de retenir toutes les émotions qui se bousculaient dans sa poitrine. Déjà dans un état fragile, il n’avait fallu que quelques mots pour que la fine barrière qu’elle avait imposée éclate, laissant le tout couler librement. Il y avait de la culpabilité d’avoir ignoré toutes ces lettres, d’avoir pris pour acquis qu’il n’avait aucun intérêt personnel pour elle; il y avait de la reconnaissance pour sa simple présence, comme une flamme dans une nuit trop noire; il y avait de la douleur qui tirait sur les fils de son cœur et de sa mémoire, car elle voyait maintenant que la familiarité détectée était une ressemblance familiale; il y avait de l’empathie et un désir de mettre fin à sa propre souffrance, lui qui avait perdu une sœur qui devait lui être chère; et finalement, il y avait un fol espoir qu’il changerait sa situation et lui permettrait de sortir d’une solitude qui la tenait prisonnière.

Nox ressentait tout cela et s’agita sur le comptoir. D’abord mal à l’aise face à cette avalanche d’émotions à laquelle il était peu habitué, il désira rapidement la consoler et il sauta dans ses mains. Sa chaleur réconforta Ely et les larmes qui coulaient silencieusement s’intensifièrent. S’écroulant sur le sol, elle gémit et serra le petit celmin contre sa poitrine. Elle n’avait aucune idée de l’impression que sa réaction laissait sur son oncle, elle était bien loin de penser à tout cela. Tout ce qui importait était qu’elle n’avait pas à prétendre, pas avec lui. Sans réellement le connaître, elle avait senti que ses paroles avaient été sincères. Elle qui avait toujours eu l’impression que tout était de sa faute, la mort de ses parents, la déchéance de Kolin, entendre son oncle présenter ses excuses avec tant de douceur lui rappelait qu’elle avait connu autre chose. Elle avait été heureuse autrefois. Elle avait été entourée de gens qui l’aimaient, et qu’elle aimait. D’où la douleur, puisque sa situation présente était bien à l’opposée, même si son mari l’aimait certainement à sa manière.

Après quelques minutes, les pleurs se calmèrent et Elyssa essuya ses yeux du revers de la main. Elle avait un peu honte de s’être effondrée ainsi, enfin consciente que le Comte Durante en avait été le témoin, mais Nox lui murmurait toujours des paroles rassurantes. Se relevant avec autant de grâce possible, elle s’inclina devant son oncle.

« Je vous demande pardon, mais quelle impression dois-je vous laisser. Je suis bien trop émotionelle... »

Elle se releva et plongea son regard rougi dans le sien, aussi bleu que le ciel. Sa mère avait eu des yeux gris, mais ils avaient été loin d’être froids. Ils étaient toujours pleins de compassion, d’amour et de rire. Pour la première fois en plusieurs mois, elle sourit sincèrement, bien que ce ne fut qu’un bref sourire.

« Je suis heureuse de faire votre connaissance aussi, mon oncle. Je suis désolée, je crains d’avoir ignoré vos lettres. »

Ely baissa les yeux, honteuse d’avouer son crime. Elle avait pris pour acquis que Rakyn était comme leur grand-père, orienté envers les affaires. Elle avait été certaine que ce n’étaient pas des lettres d’excuses ou de tentatives de renouer. C’était bien de sa faute, ce silence depuis la mort de sa mère. Il y avait tant de choses à dire, trop de temps à rattraper.

« Je… vous devez être fatigué par le voyage. Désirez-vous rester avec mon mari et moi? Nous avons une chambre d’ami que vous pourriez utiliser. »

L’idée de son oncle sous le même toit que Kolin mettait l’herboriste terriblement mal à l’aise. Elle n’était pas certaine si son mari serait enchanté par la présence du comte et elle préférait éviter de trop dévoiler à son oncle trop vite. Il y avait des choses qu’il était préférable de garder secrètes.

« Peut-être préféreriez-vous occuper l’appartement au-dessus de la boutique? C’est inoccupé depuis la mort de mes parents et mon mariage, vous auriez plus d’intimité. »

C’était probablement la meilleure des options et Ely se dit qu’il aimerait peut-être voir où sa sœur avait vécu. Au contraire, peut-être serait-ce trop douloureux pour lui. Elle comprendrait s’il préférait éviter de jeter un coup à la vie que Kalani s’était construite, une vie où elle avait été heureuse, sans lui.

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   03.04.16 18:31


Le comte s'attendait bien à ce qu'il y ait de l'émotion lors de ces retrouvailles – lui-même étant loin d'être de pierre en cet instant – et même à causer un certain trouble à sa nièce, ce qui semblait naturel. Néanmoins, il fut surpris par la réaction de celle-ci, plus intense, assurément, que ce à quoi il s'était attendu. Il ne su comment réagir en voyant son émotion, esquissant un pas vers elle sans oser aller plus loin, de peur de ne faire qu'augmenter son trouble, et ne sachant pas exactement quelle était, derrière leur force, la nature de ses sentiments. Le celmin sauta dans ses mains, semblant la réconforter, et pour le coup Rakyn se dit que ce n'était peut-être pas un simple animal domestique, mais un véritable familier, vu la proximité entre eux. Un familier toxique lui semblait une idée un brin risquée, mais la jeune fille et l'animal avaient l'air d'être proches, d'une proximité sans guère de risques.

Finalement, après quelques minutes, la jeune femme s'arrêta de pleurer, ayant visiblement épanchée son émotion. Rakyn s'en voulait presque de ne pas avoir été la prendre dans ses bras, mais il ne savait pas s'il aurait été bienvenue, il ne savait pas ce que la jeune femme ressentait à son égard. Néanmoins, il reçu bientôt un début d'éclaircissement à ce propos quand, visiblement quelque peu remise, la jeune femme lui répondit, après avoir essuyé ses larmes et s'être gracieusement incliné devant lui pour le saluer.

« Je vous demande pardon, mais quelle impression dois-je vous laisser. Je suis bien trop émotionnelle... »

Elle releva vers lui ses jolis yeux – eux qui étaient le seul élément tranchant vraiment avec le souvenir de sa sœur, et pourtant lui donnaient l'impression de ne pas être totalement étrangers – et lui sourit, alors qu'il faisait de même en retour, un sourire doux, comme pour lui signifier qu'il n'y avait là rien de grave, que c'était normal de pleurer en une telle occasion.

« Je suis heureuse de faire votre connaissance aussi, mon oncle. Je suis désolée, je crains d’avoir ignoré vos lettres. »

Ainsi donc, c'était cela, elle n'avait pas lu ses lettres... elle semblait être un peu honteuse de ce fait, mais de son côté il ne pouvait pas vraiment l'en blâmer. Après tout, sa première lettre avait été bien froide et insensible, surtout compte tenu de la situation dans laquelle elle était, et il était compréhensible qu'elle n'ait plus eut envie d'entendre parler de lui, qu'elle ait pensé que les lettres ultérieures ne contiendraient rien de meilleur que la première.

« Je… vous devez être fatigué par le voyage. Désirez-vous rester avec mon mari et moi? Nous avons une chambre d’ami que vous pourriez utiliser. »

Pour le coup, Rakyn fut un peu surpris de la rapidité de la proposition, s'attendant à ce que sa nièce conserve de la rancœur, de la distance, quelque chose de ce genre. Néanmoins visiblement il n'en était rien, et il ne pu s'empêcher de sourire, heureux de le constater. Mais déjà, la jeune femme enchaînait avec une nouvelle proposition.

« Peut-être préfériez-vous occuper l’appartement au-dessus de la boutique? C’est inoccupé depuis la mort de mes parents et mon mariage, vous auriez plus d’intimité. »


Les appartements de Kalani... malgré lui, le comte ne pu s'empêcher de se crisper à cette idée, une crispation qui dû probablement se lire un instant sur son visage, avant qu'il ne la chasse, remplacé par une légère grimace désolée, puis un mince sourire.

« Je... je te remercie pour cette proposition, mais je ne crois pas que je sois prêt à ça. Je... j'espère à terme faire la paix avec le souvenir de ta mère mais... non, je préfère laisser les restes de sa vie là où elles sont. Elle a fait son choix, et ce choix de vie ne m'incluait certainement pas. »


La voix de Rakyn avait été quelque peu altéré par de nombreuses émotions entremêlées. La peine, certainement, mais aussi un vieux fond de colère, des émotions mêlées encore et encore pendant de bien nombreuses années. C'était un mélange trop ancien, aux éléments trop étroitement liés, pour que tout soit résolut si facilement, hélas. Avec un soupir, secoua la tête, comme pour chasser toutes ces pensées.

« Enfin... si tu le veux bien, je serai heureux de dormir chez toi. Mais si ça te gêne, pour une raison ou une autre, ne t'y sens pas obligé. Je comprend que toi aussi tu dois avoir certaines choses en toi, surtout que ma réaction n'a pas été idéale. À ce propos ne t'en fais pas, c'est tout à fait normal que tu ais ignoré les autres, après la première. »

Il ne souhaitait pas que sa nièce culpabilise, ou que d'autres cycles négatifs prennent naissance ici. S'il était venu, c'était pour faire la paix avec le passé, et apprendre à connaître cette jeune fille qui était après tout une membre de sa famille. Avec un sourire, il s'approcha et lui caressa doucement la joue, essuyant les dernières larmes.

« Je suis désolé de t'avoir fais pleurer. Je... si je suis venu, c'est pour laisser le passé là où il est. J'espère que nous pourrons tisser des liens, comme une vraie famille, si tu le veux bien. »

Le comte ignorait comment elle prendrait la chose, comment elle réagirait, mais il avait plutôt une bonne impression en ce qui concernait cette jeune nièce, qui lui semblait être pleine de promesse, et lui lui sourit. Après un instant d'hésitation, il leva le bouquet qu'il tenait toujours à la main.

« Pour laisser le passé à sa place, toutefois, il faut savoir se réconcilier avec ceux qui sont parti. Je suis aussi venu pour faire la paix avec le souvenir de Kalani et je me demandais si tu voudrais bien me mener sur sa tombe. »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   10.04.16 21:50

Réunion de famille
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Elyssa ne savait pas à quel point l’arrivée du comte bouleverserait sa vie, pas entièrement. Elle voyait les possibilités, la famille perdue qu’il lui offrait. Elle sentait que du changement allait certainement survenir dans les prochaines semaines et que sa relation avec son oncle allait changer drastiquement avec sa visite. « Tisser des liens, comme une vraie famille… » Rakyn Durante ne savait pas à quel point cela importait à la jeune femme. Depuis la mort de ses parents, elle dépendait entièrement de son mari, n’ayant pas d’autres attaches outre Nox, qui faisait partie d’elle. Cette isolation lui avait fait incroyablement mal et, prisonnière, elle n’avait su renouer avec d’anciens amis. Le comte lui offrait plus qu’une famille, il était la clé de sa liberté.

« Pour laisser le passé à sa place, toutefois, il faut savoir se réconcilier avec ceux qui sont parti. Je suis aussi venu pour faire la paix avec le souvenir de Kalani et je me demandais si tu voudrais bien me mener sur sa tombe. »

Cette demande surprit l’herboriste, bien qu’elle aurait dû s’y attendre. Il était normal que son oncle veuille visiter la tombe de Kalani s’il voulait faire la paix avec le passé. Elle-même visitait le lieu où ses parents reposaient régulièrement. Elle trouvait réconfort et tranquillité au cimetière malgré la nostalgie des souvenirs entourant les morts. Ce serait bien s’il pouvait faire de même.

« Bien sûr, il me fera plaisir de vous y mener. Et la famille sera toujours la bienvenue sous mon toit, ne vous inquiétez pas.»

Tenant toujours Nox contre elle, Elyssa s’avança vers la sortie. Elle retourna l’affiche indiquant que la boutique ouverte pour aviser les clients que l’herboristerie fermait pour la journée. Elle tint la porte ouverte pour son oncle avant de sortir elle-même et de verrouiller. Puis, avant de se diriger vers la tombe de ses parents, elle renvoya Nox.

« S’il-te-plaît, rentre à la maison et avertis Kolin de l’arrivée de mon oncle, tu veux bien? »

Elle lui glissa une courte note indiquant à son mari qu’ils auraient de la compagnie plus tard, espérant qu’il ne serait pas trop dérangé par la présence de Rakyn.

Il ne sera pas content, Ely… Mais il n’osera pas te toucher, pas en sa présence.

La jeune femme hocha de la tête, confirmant ainsi que ses pensées étaient similaires à celles de son familier, et elle le déposa sur le sol. Le petit celmin regarda le comte, puis Elyssa avant de suivre les instructions de sa maîtresse.

Soit prudente, tout de même, lança-t-il avant de disparaître de sa vue.

Se tournant vers son oncle, l’herboriste pointa vers l’horizon.

« Ce n’est pas très loin. Il faut cependant traverser le Marché, ce qui fera tout de même une petite marche. J’espère que ça ne vous dérangera pas. »

Elle était bien consciente que la température pouvait parfois déranger les nouveaux venus habitués à un climat peut-être moins aride. Elle-même n’était pas dérangée par la chaleur; elle détestait cependant le froid. Dans ses expéditions passées avec son père, il pouvait arriver que les nuits soient fraîches et elle avait eu l’impression que son corps s’engourdirait à jamais, peu importe la quantité de couvertures dans lesquelles elle s’enveloppait. Elle était persuadée qu’elle ne survivrait pas à Vastaroth, mais sa curiosité la poussait tout de même à vouloir voir ce que c’était malgré le froid.

Ouvrant la marche en silence, la jeune femme guidait son oncle dans les rues de verre de Maarnil. À cette heure, le Marché de l’Art était animé et les marchands cherchaient à attirer leur attention. Souriant poliment, Elyssa passait tout droit. Ils pourraient arrêter au retour si le comte désirait se procurer un objet de verre, mais pour le moment, ils avaient d’autres priorités.

Un peu à l’écart de la ville, dans un large carré de pierres, se trouvait le cimetière. Au premier regard, c’était aveuglant, une myriade de statues de verre reflétant les rayons du soleil. La tradition voulait qu’on brûle le corps du décédé et que ses cendres soient enterrées dans une urne. Pour marquer la tombe, on plaçait une décoration en verre avec une inscription sur une plaque, d’argent ou de bronze.

Les parents d’Elyssa étaient enterrés dans un endroit un peu plus isolé, tout au fond du cimetière. Si certains choisissaient des objets ou la représentation de leur familier comme marque tombale, Zeru Rinn avait choisi un dragon pour sa femme. Par la suite, sa fille avait commandé une statue semblable qui serait enlacée à la première. Comme dans leur vie, ils seraient ensemble dans la mort, plus qu’un même sous terre: la jeune femme avait mêlé leurs cendres, sachant que c’était ainsi qu’ils l’auraient voulus.

Ayant donc mené le comte devant les deux dragons, elle lui laissa le temps d’absorber. Sur la plaque, il pouvait lire :

Kalani S. Rinn
6 septembre 1975 – 31 juillet 2012
Aimée et aimante, elle vivra à jamais dans nos cœurs.


Dessous, une seconde inscription avait été ajoutée en même temps que la deuxième statute.

Zeru A. Rinn
3 avril 1975 – 31 juillet 2013
Père merveilleux, excellent ami, mari dévoué.

Que leurs âmes reposent en paix, unis dans l’éternité.


Elyssa avait fait la paix avec la mort de ses parents. Ça lui avait pris plusieurs mois, et elle en avait voulu à son père pendant longtemps de l’avoir abandonnée. Elle comprenait, maintenant, qu’il n’avait simplement pas pu vivre sans son âme sœur. Elle le voyait un peu comme elle et Nox, ils faisaient partie l’un de l’autre. Elle ne savait pas si elle supporterait le vide laissé derrière si le celmin venait à disparaître.

« Je vous attendrai à l’entrée du cimetière. Prenez tout le temps dont vous avez besoin, mon oncle. »

Elyssa s’éclipsa et laissa Rakyn un peu de temps seul avec sa mère. Elle alla s’asseoir sur le muret de pierre délimitant l’espace réservé aux morts et laissa ses pensées l’emporter. D’ici, le bruit de la ville était presqu’effacé. Elle pouvait toujours entendre faiblement les échos du Marché, mais c’était comme si elle était ailleurs. Cet impression lui plaisait et lui permettait d’oublier ses soucis quotidiens. Ici, elle était avec les morts et non les vivants. Ici, elle pouvait retrouver ses parents et sentir leur présence.

« Mère, tu as de la visite. Te souviens-tu des dernières nuits passées dans ce monde? Tu avais une fièvre et tu voulais parler à ton jeune frère. Tu demandais une chance de demander pardon. Il est ici, maintenant. Ton dernier vœu sera exaucé… »

Des paroles lancées au vent, avec l’espoir qu’elles atteignent l’au-delà. Parfois, elle pensait que sa mère l’entendait et qu’elle lui répondait avec une brise chaude ou une caresse du soleil. Les yeux fermés, elle laissa la nature l’envelopper et jamais elle ne se sentait aussi bien qu’alors.

« Vous me manquez tellement, tous les deux… »

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   17.04.16 11:20

De ce que pouvait en juger Rakyn, sa nièce sembla plutôt favorable à ce qu'il lui disait, ce qui ne pu que le rassurer, lui faire plaisir. Il espérait vraiment pouvoir bâtir un lien avec la jeune femme, renouer les liens du sang que sa sœur avait choisi de trancher, non pas avec elle, qui maintenant n'était plus, mais avec sa fille, qui n'avait pas à payer pour ce qu'il y avait eut entre eux – eux au sens large : lui, Kalani et leur père – mais restait en revanche de son sang. Elle sembla surprise de sa demande de voir la tombe de sa sœur, mais sa surprise ne dura guère, et elle lui répondit rapidement.

« Bien sûr, il me fera plaisir de vous y mener. Et la famille sera toujours la bienvenue sous mon toit, ne vous inquiétez pas. »

Souriant, le noble suivit donc la jeune femme, heureux de voir que malgré tout elle ne semblait pas réticente à l'accueillir sous son toit, ce qu'il prenait comme un signe qu'elle avait véritablement envie de l'accueillir également dans sa vie. Si tel n'avait pas été le cas il n'aurait pas cherché à s'imposer, à la forcer à nouer cette relation, mais il était heureux de ne pas avoir eut à repartir en essuyant un refus. Il la suivit donc hors de la maison, et la vie confier une note à l'animal qui, cela ne faisait plus aucun doute maintenant, était son familier.

« S’il-te-plaît, rentre à la maison et avertis Kolin de l’arrivée de mon oncle, tu veux bien ? »

Kolin... son mari. Rakyn n'avait que peu pensé à lui jusqu'ici, concentré surtout sur les retrouvailles avec Elyssa. Il mit cette pensée de côté en se disant qu'il aurait bien le temps, plus tard, de découvrir quel genre d'homme s'était – même s'il n'imaginait pas la teneur de ce qu'il découvrirait. Pour l'heure, alors que la petite boule de poil toxique s'éloignait après quelques instants, il ramena toute son attention sur sa nièce.

« Ce n’est pas très loin. Il faut cependant traverser le Marché, ce qui fera tout de même une petite marche. J’espère que ça ne vous dérangera pas. »

Le noble lui confirma bien entendu que cela ne le dérangeait en rien, et la suivit avec plaisir. Le marché, du reste, n'était pas vraiment un lieu désagréable à traverser, même s'il n'avait guère la tête à faire les boutiques pour le moment, alors qu'approchaient les « retrouvailles », si l'on pouvait dire, avec sa sœur aînée, ou du moins avec ce qu'il en restait. Malgré lui, il ne pu s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé s'il avait eut l'occasion de la revoir véritablement, alors qu'elle était encore en vie... qui pouvait le dire ? Cela, certainement, aurait dépendu de bien des choses, à commencer de Kalani elle-même. De toute façon, il ne le saurait jamais. Tout ce qu'il pouvait faire, à présent, c'était se réconcilier avec son souvenir, et déposer quelques modestes fleurs sur la tombe qu'elle partageait avec l'homme qu'elle avait assez aimé pour l'abandonner, lui, Rakyn, ainsi que le reste de leur famille.

Bientôt, la nièce et l'oncle traversèrent le cimetière, remplis d’œuvres de verre, bien entendu. Cela étonna un court instant le comte, mais il se dit que cela n'aurait pas dû : n'était-ce pas normal, ici, après tout ? La tombe de sa sœur se trouvait au fond du cimetière, et même s'il s'était attendu à une tombe commune, Rakyn ne pu s'empêcher d'être surpris à nouveau devant la façon dont Elyssa – sans doute – avait décidé d'unir deux dragons au-dessus de leur tombe. Cela réveillait une certaine douleur en lui, une forme de colère, mais c'étaient de vieilles émotions maintenant, rouillées au flot des ans, et qui semblaient si vaines, à présent.

« Je vous attendrai à l’entrée du cimetière. Prenez tout le temps dont vous avez besoin, mon oncle. »

« Je... je te remercie, Elyssa. »

La voix de Rakyn était troublé, plus qu'il n'aurait voulu le montrer, mais il ne chercha pas à retenir la jeune femme quand elle s'éclipsa. Il était vrai qu'il ressentait un certain besoin de solitude, devant cette tombe. Jusque dans la mort, le monument semblait un rappel du lien entre les deux amants, ce lien qui avait été plus fort que le devoir, plus fort que les liens du sang, plus fort que l'amour d'une famille, un lien qui semblait maintenant consacré pour jamais dans la douce perfection du verre. Une fois encore, la colère remonta, la colère de l'enfant abandonné, la colère du jeune homme chargé de chaînes qui ne lui étaient pas destinées, la colère de l'homme qui avait dû déployer une infinité d'efforts, sous la poigne exigeante de leur père et même après, pour réparer les dégâts politiques que le couple avait laissé derrière lui. Une colère sourde, qui grandit, gronda dans tout son être.

Un instant, Rakyn eut l'envie d'y céder, comme il l'avait déjà fait par le passé, de la laisser l'emporter une bonne fois pour toute. L'envie de détruire ce monument, de dévaster cette tombe, de ne pas en laisser autre chose qu'un cratère fumant, béant, une blessure de la terre infligée par le Dragon qui était en lui, qui était lui, autant que ce faible corps d'homme, une blessure qui répondrait à jamais à celle que sa sœur avait laissé dans son cœur en disparaissant comme une voleuse, sans un adieux, pour cet homme « merveilleux », dont la plaque proclamait son union avec elle jusque dans l'au-delà. Mais en relisant ces plaques, il se rappela que cet homme qu'il n'avait jamais vu, en vérité, mais qu'il avait tant haïs, tant détesté, était aussi un père. Kalani, avant de quitter ce monde, était devenue mère. Ils avaient eut une fille qui semblait merveilleuse, du peu qu'il en avait vu, qui l'attendait là-bas, sans doute juste hors du cimetière.

L'un et l'autre avaient trouvé leur bonheur, ici, et la haine n'avait plus sa place. Pourquoi haïr encore les morts, qui n'étaient plus. Lentement, Rakyn laissa partir la colère, et quelques larmes s'en allèrent avec elle sur ses joues. Non pas pour son propre sort, sur lequel il avait tant pleuré, enfant, mais pour sa sœur, enfin, sa sœur qui était morte. Doucement, il caressa les statues de verre, dans un geste tendre, qu'il aurait tant voulu pouvoir adressé à la joue d'une sœur encore en vie. Avec un soupir plein de regrets, il s'accroupit, et déposa les fleurs sur la tombe, devant les deux créatures entrelacées dans une éternelle étreinte.

« Tu l'as tant aimé, Kalani... j'espère que cette plaque dit vraie, et que vous êtes heureux ensemble, dans l'au-delà... »

C'était beaucoup pour lui de dire cela, même devant une tombe, mais il compris en le disant que c'était vrai. Puisqu'ils étaient morts, et que rien ne pourrait rien changer au passé, il préférait penser que sa sœur était heureuse, avec celui pour qui elle avait été prête à abandonner tant de choses. Après tout, ne l'avait-elle pas mérité ?

« Je te pardonne, ma sœur. Il me faudra longtemps pour faire totalement la paix avec ton souvenir, mais je te promet que j'y travaillerai. »

Avec un soupir, il se dressa, essuyant les larmes qui, avec liberté, avaient coulé sur ses joues. Du temps avait passé pendant que tant d'émotions avaient lutté dans son cœur, il s'en rendait bien compte, et c'est avec un soupir qu'il posa une dernière fois la main sur le dragon qui semblait le plus ancien, celui de sa sœur.

« J'aurai tardé à le faire, mais maintenant que je suis là je te promet... je vous promet à tous les deux de renouer avec Elyssa et de prendre soin d'elle. Chassez en paix dans les terres de l'autre-monde, et sachez que je veillerai sur elle qui est de mon sang, même si elle porte u autre nom. »

Sur une dernière caresse, il abandonna là la double tombe, et repris le chemin de la sortie du cimetière. Il avait du mal à dire exactement comment il se sentait après tout cela, mais il y avait comme... un poids en moins. Comme il l'avait dit aux statues muettes, il faudrait du temps pour que tout glisse de son cœur meurtri, mais cela avait commencé. Et il comptait bien également tenir sa promesse. Elyssa semblait une jeune fille bien, pleine de vie, assez responsable pour avoir continué à faire prospérer la boutique de sa mère même une fois mariée. Il avait sincèrement envie de renouer ce lien avec elle, et il veillerait sur elle, comme son devoir le demandait pour un membre de sa famille. Sans doute son père, qui lui avait transmis cette valeur, n'aurait-il pas été d'accord pour l'étendre à la jeune femme – pour qui il aurait sûrement eut des qualificatif moins tendre – mais lui non plus n'était plus là, à présent.

Finalement, il retrouva bel et bien sa nièce à la sortie du cimetière, perchée sur le muret de pierre qui le délimitait, visiblement perdue dans ses pensées. Il toussota légèrement pour signaler sa présence, avant de lui offrir un sourire doux, quoi qu'on puisse voir sur son visage que de nombreuses émotions l'avait traversé.

« Je te remercie de m'avoir laissé ce temps, Elyssa... même si je suis désolé de t'avoir fait attendre. Je... je pense que ça m'a fait du bien, de pouvoir voir sa tombe. »

Il n'était pas difficile de voir que c'était vrai. Savoir qu'elle était morte avait déjà été une chose d'importance, mais ce moment de recueillement, cette preuve tangible de sa mort, avait aussi été déterminant.

« Bien je... que veux-tu faire ? Je serai heureux de passer un peu de temps avec toi, si tu le veux bien, pour faire connaissance. Peut-être puis-je t'inviter quelque part pour boire ou manger quelque chose ? À moins que tu ais d'autres projets, bien sûr. »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   21.04.16 5:00

Réunion de famille
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Le temps passait et le soleil poursuivait sa course dans le ciel. Elyssa commençait à se demander si le comte allait bien, si tout cela avait été trop d’émotions trop rapidement, lorsqu’elle entendit un toussotement derrière elle. Elle se retourna et accueilli son oncle avec un regard empli de compassion. Il n’était pas difficile de voir qu’il avait vécu quelque chose d’intense, et elle savait ce que c’était pour l’avoir vécu elle-même.

« Je te remercie de m'avoir laissé ce temps, Elyssa... même si je suis désolé de t'avoir fait attendre. Je... je pense que ça m'a fait du bien, de pouvoir voir sa tombe. Bien je... que veux-tu faire ? Je serai heureux de passer un peu de temps avec toi, si tu le veux bien, pour faire connaissance. Peut-être puis-je t'inviter quelque part pour boire ou manger quelque chose ? À moins que tu aies d'autres projets, bien sûr. »

La jeune femme n’était pas pressée de rentrer à la maison. L’idée de passer un peu de temps seule à seul avec son oncle et de faire connaissance lui plaisait et elle décida de l’emmener à ce petit café dans le Marché de l’Art, celui qu’elle aimait tant. Secouant donc de la tête en réponse à sa dernière phrase, elle précisa :

« Je n’ai rien de prévu, il me ferait plaisir de discuter avec vous. Je connais un endroit sympathique sur notre chemin de retour. N’hésitez pas à m’arrêter si vous voyez quelque chose qui vous plaît, cependant, les artistes du verre à Maarnil sont très talentueux. »

Le muret n’était pas très élevé et Elyssa retrouva rapidement le sol afin de guider Rakyn à nouveau dans le Marché. Comme à l’aller, les marchands vendaient leurs produits à qui voulait bien s’arrêter, mais avec l’avancée de l’après-midi, il y avait de moins en moins de clients intéressés. Ils arrivèrent éventuellement au café où quelques personnes prenaient une tasse de thé sur la terrasse. Prenant place à une table disponible, Elyssa regarda le menu inscrit sur le tableau noir avec curiosité. Il y avait des nouveautés aujourd’hui, comme ce thé aux myrtilles ou ces biscuits au chocolat et fraises. Elle était tentée de s’y essayer, mais elle devait avouer que le jus plus frais du même fruit était toujours satisfaisant. Parmi les diverses pâtisseries disponibles, elle variait de temps à autres bien qu’elle préférât les petits gâteaux à la vanille et les biscuits aux amandes, avec sa dent sucrée.

Une serveuse vint prendre leur commande. Celle-ci reconnut Elyssa et lui sourit en notant le jus de myrtille et le gâteau à la vanille, habituée de la voir en fin d’après-midi. L’herboriste lui répondit avec un simple hochement de tête; elle se permettait d’arrêter ici régulièrement avant de rentrer à la maison, question de profiter de la dernière lumière du jour.

Elle ne parlait pas beaucoup, pas encore. Ely ne savait pas tellement quoi dire à son oncle, quoi lui demander. Elle avait envie de savoir comment avait été sa mère dans sa jeunesse, mais elle craignait que ce soit une question un peu trop délicate.

« Alors… »

Elle hésita un peu, puis décida de se lancer.

« Mère ne parlait pas beaucoup de… la famille. Elle était plutôt secrète et n’aimait pas se remémorer le passé. Sauf lorsqu’elle est tombée malade. Elle avait beaucoup de regrets, elle parlait beaucoup de vous. J’aimerais… comment est-ce, chez vous? »

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   25.04.16 10:06

Il était vrai que Rakyn était resté longtemps devant la tombe de sa sœur, il ne s'en rendait vraiment compte que maintenant qu'il avait quitté le monument et les nombreuses émotions qu'il y avait déposé en même temps que son bouquet de fleur. Pourtant, la jeune femme ne lui fit aucun reproche sur le temps qu'il avait prit, et ne saisit pas non plus sa proposition de faire autre chose ou, ce qui était implicite, de rentrer chez elle, ce que le comte accueillit, non sans un sourire, comme le signe qu'elle prenait bel et bien quelque plaisir en sa compagnie, ce qui était une bonne chose.

« Je n’ai rien de prévu, il me ferait plaisir de discuter avec vous. Je connais un endroit sympathique sur notre chemin de retour. N’hésitez pas à m’arrêter si vous voyez quelque chose qui vous plaît, cependant, les artistes du verre à Maarnil sont très talentueux. »


Bien entendu, il accepta volontiers, heureux lui aussi de passer un peu plus de temps avec elle, et la suivit donc à travers le marché. Concentré sur les retrouvailles avec sa nièce, il n'avait guère la tête à faire des emplettes, mais il nota qu'il pourrait peut-être revenir, plus tard. Il y avait de belles choses et, qui sait, il pourrait trouver un cadeau pour sa mère... de quoi faire passer la pilule sur le fait qu'il ait été chercher la fille de Kalani, et sur le fait qu'il comptait bien la faire revenir, au moins pour un temps, sur les terres de ses ancêtres. Elle était moins dur que son père, et il ne doutait pas l'orage, s'il devait avoir lieux, serait de courte durée, mais malgré tout un présent ne serait peut-être pas de refus. Pour l'heure, toutefois, sa priorité était d'apprendre à connaître un peu mieux Elyssa, et il laissa les étales des marchands de côté, la suivant avec plaisir jusqu'à un établissement où, à voir son aisance et sa façon de faire, elle devait sans doute avoir ses habitudes.

Une impression qui fut confirmée quand on vint prendre leur commande, celle de sa nièce ne faisant visiblement pas de doute pour la serveuse, et ce avant même qu'elle ouvre la bouche. Avec un sourire, Rakyn commanda lui-même un thé – mais resta classique sur le parfum – et quelques douceurs au chocolat, qu'il prisait toujours. Il reporta ensuite son attention sur Elyssa, non sans avoir remercié la serveuse de quelques mots et d'un sourire. L'endroit en tous cas semblait charmant, et il se disait que cela ne pouvait qu'aider la jeune femme d'être dans un endroit familier, chaleureux, pour relancer la conversation. Et en effet, à la voir hésiter, elle avait bien besoin d'un petit coup de pouce pour se lancer.

« Alors… »

Elle restait malgré tout hésitante, mais le comte l'encouragea d'un sourire, préférant la laissant exprimer par elle-même ses questions, ses interrogations. Cela ne prit guère longtemps, d'ailleurs, avant que celles-ci ne fleurissent.

« Mère ne parlait pas beaucoup de… la famille. Elle était plutôt secrète et n’aimait pas se remémorer le passé. Sauf lorsqu’elle est tombée malade. Elle avait beaucoup de regrets, elle parlait beaucoup de vous. J’aimerais… comment est-ce, chez vous? »

La question était posée non sans hésitation, peut-être, se dit-il, par peur de le blesser, de raviver des plaies qu'il n'avait guère masqué jusqu'ici. Néanmoins, s'il était venu la voir, c'était qu'il s'était sentit prêt à parler de tout cela, et le temps passé devant la tombe n'avait pas été sans l'apaiser, dans un sens. Une expression de douleur passa fugacement dans ses yeux, mais il la chassa bien vite et, après avoir fermé les paupières un instant, son regard était redevenu clair.

« Des regrets... j'en porte de nombreux moi aussi, sois-en sûre... mais je suis sûr que ce n'est pas de cela que tu veux entendre parler. Je comprend que Kalani n'ait pas voulu parler de notre famille, et je... je suis touché qu'elle ait pensé à moi, à la fin. J'aurais aimé... enfin, on ne peut pas refaire le passer. »

Rakyn eut un léger soupir, et secoua doucement la tête. Qu'aurait-il aimé ? Être là pour ses derniers instants ? Ou braver le destin et être là bien plus tôt ? Ou encore que le départ de sa sœur n'ait jamais eut lieux ? Oui, tant de choses, mais ce n'était pas le temps de se perdre dans cela, il ne l'avait déjà que trop fait, et Elyssa n'était pas là pour qu'il lui détail ses états d'âme. En détournant donc résolument ses pensées, il eut un mince sourire et repris.

« Mais laissons cela. Chez moi hé bien... c'est un vaste manoir, dans les plaines absolues, au nord de Tershul. Notre famille vit là depuis de très longs siècles, au cœur de son fief, et c'est là que ta mère et moi sommes venus au monde et avons été élevés. Nous étions un peu isolés, car notre père nous laissait peu jouer avec les enfants des serviteurs, mais je pense pouvoir dire que nous n'étions pas malheureux, que du contraire. Kalani était une grande sœur formidable, et j'ai eut beaucoup de chance de l'avoir pour me supporter, enfant. »

Malgré lui, le Comte ne pouvait guère s'empêcher de laisser le passer remonter, malgré tout. La jeune femme lui rappelait bien trop sa sœur pour que celle-ci reste hors de ses pensées, et il ne pensait pas que ça puisse la déranger. Mais il prit garde à garder tout cela dans la sphère heureuse, celle de l'enfance et des bons souvenirs, et ne laissa pas ses pensées suivre leur chemin habituel, vers les temps plus sombres qui étaient venus ensuite.

« Le Manoir en lui-même est une puissante bâtisse, que nos ancêtres ont construit pour résister à leurs ennemis ainsi qu'aux créatures parfois très dangereuses qui peuvent venir des plaines, mais pour moi il a aussi une certaine beauté, bien que je sois assez partial. Au sommet, on trouve une aire de vol pour les dragons, car notre sang est draconique depuis nos origines. »

Il savait bien que dans son cas sa nièce ne pourrait guère en profiter « directement », mais il comptait bien l'y amener, tôt ou tard. Même dans sa fuite, même dans la contestation de la volonté paternelle, Kalani avait d'ailleurs respecté cet instinct ancien, renforcé par toute son éducation, de trouver son âme sœur au sein de sa propre race.

« Tout autour s'étend notre domaine, prospère, où vivent une partie de nos gens, ceux qui ne résident pas au manoir, mais plus sous la forme de fermes isolées et autres constructions que d'un village proprement dit. Le tout est ceint de murailles, toujours dans un soucis de protection, car les plaines, hélas, sont toujours dangereuses, même aujourd'hui, et que ceux qui vivent et travaillent hors du manoir doivent aussi être protégés. »

Le comte avait parlé longtemps, de sa voix lente et posée, se chargeant souvent d'émotions, mais toujours positives. Il avait inconsciemment inclus Elyssa dans la famille, en utilisant toujours le « nous », car pour lui elle faisait bel et bien partie de cette famille. Il eut un sourire à son adresse, en poursuivant.

« Mais je dois t'ennuyer à pérorer ainsi ! Et toi, tu pourrais me parler de votre vie, de ta vie, ici ? »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   04.05.16 5:53

Réunion de famille
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« Des regrets... j'en porte de nombreux moi aussi, sois-en sûre... mais je suis sûr que ce n'est pas de cela que tu veux entendre parler. Je comprends que Kalani n'ait pas voulu parler de notre famille, et je... je suis touché qu'elle ait pensé à moi, à la fin. J'aurais aimé... enfin, on ne peut pas refaire le passer. »

Elyssa aurait voulu changer bien des choses, elle aussi. Elle se demandait parfois ce qu’elle serait devenue si ses parents avaient vécu jusqu’à ce jour, si ses amis ne s’étaient pas éloignés, si elle avait pu mener une vie ordinaire. Et si sa mère n’était pas partie ainsi de chez elle, aurait-elle été conçue d’un père différent ou le destin aurait-il trouvé moyen d’entrelacer les fils de ses parents malgré tout? Et si les liens familiaux n’avaient jamais été séparés, si son grand-père avait accepté cette union, aurait-elle épousé Kolin?

Tant de possibilités, et des questions qui n’auraient jamais de réponse. Le comte réorienta la conversation et la jeune femme le suivit dans sa description du domaine familial. Elle imaginait le manoir et sa mère, enfant, jouer avec un jeune Rakyn. Elle se prit à rêver d’y vivre, loin de cette vie qui lui rappelait les malheurs des dernières années. À la fois ressentant un désir incessant de quitter un mariage sans amour né d’un besoin de rapprochement avec un autre et un attachement profond à la boutique et maison où elle avait grandi, Elyssa était prisonnière, incapable de prendre une décision. Que serait-ce que d’être libre?

« Mais je dois t'ennuyer à pérorer ainsi ! Et toi, tu pourrais me parler de votre vie, de ta vie, ici ? »

L’herboriste se rendit compte qu’elle n’avait pas dit un mot, ses pensées s’étaient emparées d’elle. Elle sourit à son oncle et secoua rapidement de la tête.

« Vous ne m’ennuyez pas du tout! Au contraire, j’imaginais simplement ce à quoi le domaine devait ressembler. Le tout me semble charmant, j’adorerais visiter un jour, si vous le voulez bien. »

Elle n’était pas du genre à s’inviter ainsi chez un autre, mais elle pensait bien que son oncle l’accueillerait volontiers. Il lui ferait peut-être du bien de prendre des vacances quelques jours et d’enfin quitter la ville et de voir un peu de ce monde dans lequel elle vivait. Si Kolin n’y voyait pas d’objections, bien sûr…

La serveuse arriva avec leur commande et les laissa à leur conversation. Prenant une gorgée de son jus, Elyssa réfléchit à ce qu’elle allait dire afin de répondre à la question de Rakyn. Sa vie, ici… C’était compliqué et elle ne désirait pas alerter son oncle quant à son mariage. Ce n’était pas quelque chose dont elle aimait parler particulièrement, et elle craignait l’impression qu’elle lui laisserait. Après tout, c’était leur première rencontre et elle voulait que sa visite se passe sans encombre.

« Ma vie est simple, à Maarnil. J’ai toujours vécu, jusqu’à récemment, dans l’appartement au-dessus de la boutique. Mère m’apprenait ce qu’elle savait sur les plantes et Père m’emmenait parfois avec lui lorsqu’il voyageait pour contacter des partenaires ou pour chercher des plantes rares. Depuis leur mort, j’ai pris en charge la boutique. Ce n’était pas facile au début, mais je crois que je commence à bien faire. Je n’aurai jamais le niveau de connaissances de Mère, mais il me reste son livre, mon guide lorsque je me sens un peu perdue. »

Au fil des ans, Kalani avait amassé énormément d’information sur les plantes et les remèdes naturels. Elle avait compilé le tout dans un journal en cuir et Elyssa le gardait précieusement à la boutique. Il y avait peu de choses auxquelles elle tenait vraiment, et cet héritage faisait partie de ses trésors.

Prenant une bouchée de son gâteau en faisant attention de ne pas se salir avec le crémage, elle continua :

« J’ai également épousé Kolin. Il était un bon ami de mon père et mon mentor. C’est lui qui m’appris à me servir de mon don et il m’a aidé à maîtriser mon lien avec Nox, mon familier. Il a beaucoup aidé lorsque Mère est morte et que Père n’allait pas bien. Après que celui-ci se soit suicidé, Kolin m’a demandé de l’épouser en promettant de prendre soin de moi. Il… il a été bon pour notre famille. »

Elle força un de ses faux sourires polis et changea de sujet. Elle voulait éviter de parler de son mariage autant que possible avant de glisser et de dire quelque chose qu’elle ne devrait pas. C’était la première fois qu’elle sentait qu’elle pouvait se confier à quelqu’un, toutefois, outre Nox. Rakyn avait été clair sur ses intentions de renouer avec elle et semblait réceptif à ce qu’elle disait. Cependant, elle n’était simplement pas prête, pas encore.

« Je mène une vie banale, rien de bien excitant, je le crains. Il me fera plaisir de fermer la boutique plus tôt pour passer plus de temps avec vous pendant votre séjour, bien sûr, à moins que vous voudriez m’y accompagner. »

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   08.05.16 22:10


En dépit de ce qu'il avait pu craindre, ses descriptions n'avaient pas sembler ennuyer sa nièce, ce qui fit plaisir à Rakyn. Il était heureux de voir que la description de sa demeure ne l'ennuyait pas, car il espérait bien pouvoir l'y emmener un jour, lui faire découvrir ce qui était après tout son héritage, à elle aussi, la demeure de leurs ancêtres à tous les deux. D'ailleurs, sa nièce ne manqua pas de confirmer cette impression oralement, et un peu plus encore.

« Vous ne m’ennuyez pas du tout! Au contraire, j’imaginais simplement ce à quoi le domaine devait ressembler. Le tout me semble charmant, j’adorerais visiter un jour, si vous le voulez bien. »

Bien entendu, il répondit d'un sourire ravis à la jeune femme, avec sincérité, du reste. Il était véritablement heureux qu'il exprime spontanément ce souhait, qu'il pensait il y a quelques instants à peine comme étant le sien. Avant qu'il ne puisse répondre, toutefois, la serveuse arriva avec leurs commandes, ce dont le noble lui répondit d'un sourire et de quelques mots aimables, polis, comme toujours. Il goûta une gorgée de thé, et le trouva délicieux. Voyant sa nièce réfléchir, il choisi de ne pas reprendre la parole pour l'instant, laissant la jeune femme rassembler ses idées, ce qu'elles fit pendant quelques instants avant de lui répondre.

« Ma vie est simple, à Maarnil. J’ai toujours vécu, jusqu’à récemment, dans l’appartement au-dessus de la boutique. Mère m’apprenait ce qu’elle savait sur les plantes et Père m’emmenait parfois avec lui lorsqu’il voyageait pour contacter des partenaires ou pour chercher des plantes rares. Depuis leur mort, j’ai pris en charge la boutique. Ce n’était pas facile au début, mais je crois que je commence à bien faire. Je n’aurai jamais le niveau de connaissances de Mère, mais il me reste son livre, mon guide lorsque je me sens un peu perdue. »

La vie qu'elle lui décrivait était fort simple, mais semblait en effet être une vie heureuse, ce qui était le principal, après tout. Il était heureux, au fond, dans ces moments où une certaine paix régnait encore en lui après la visite au cimetière, de savoir que Kalani avait vraiment pu trouver une forme de bonheur dans sa fuite. Il ignorait qu'elle ait possédé une telle science des plantes, mais il se dit que bien entendu elle avait eut de longues années pour apprendre, pendant que lui-même était formé aux dures arcanes de la politique par leur père. Cette pensée, toutefois, était déjà par trop amère, et il l'écarta doucement de ses pensées, se concentrant plutôt sur le récit de la jeune femme.

« J’ai également épousé Kolin. Il était un bon ami de mon père et mon mentor. C’est lui qui m’appris à me servir de mon don et il m’a aidé à maîtriser mon lien avec Nox, mon familier. Il a beaucoup aidé lorsque Mère est morte et que Père n’allait pas bien. Après que celui-ci se soit suicidé, Kolin m’a demandé de l’épouser en promettant de prendre soin de moi. Il… il a été bon pour notre famille. »

Quelque chose, dans le sourire de la jeune femme, dans l'hésitation qu'elle avait eut sur ces derniers mots, sembla sonner faux aux oreilles de Rakyn, qui fronça très légèrement les sourcils, plus par perplexité que par contrariété. Après un instant, toutefois, son expression redevint ouverte, et il se dit que tout simplement la jeune femme n'avait peut-être pas envie de parler de ses éventuels problèmes de couples à son oncle, encore moins un oncle qu'elle venait de rencontrer. Son époux était sensiblement plus vieux qu'elle, il le savait déjà au part avant, mais cela ne lui apparu qu'avec plus de netteté, mais visiblement il prenait soin d'elle, dès avant leur mariage. Il se fit mentalement la remarque, toutefois, que s'il la rendait pas trop malheureuse il trouverait à présent à qui parler – même s'il n'imaginait guère le destin que connaissait véritablement sa nièce, en cet instant.

« Je mène une vie banale, rien de bien excitant, je le crains. Il me fera plaisir de fermer la boutique plus tôt pour passer plus de temps avec vous pendant votre séjour, bien sûr, à moins que vous voudriez m’y accompagner. »

La déclaration, toute spontanée, ramena un sourire sur le visage du Comte, un sourire sincère. Il était heureux de la volonté visiblement affichée de la jeune femme de s'ouvrir à lui, d'apprendre à le connaître, tout comme lui-même avait envie de la connaître. Après avoir croqué un morceau de sa commande chocolatée – délicieuse, elle aussi – il lui répondit, en conservant le sourire.

« Tout d'abord, sache que tu seras toujours la bienvenue sur le domaine de nos ancêtres. Mon père n'aurait peut-être pas été d'accord... mais mon père n'est plus là. Pour moi, tu es ma nièce, la fille de ma sœur, et le Manoir te sera toujours ouvert, pour une visite, pour t'y fixer un temps si tu en as besoin ou envie un jour... bref, j'espère que tu t'y sentiras chez toi. Et bien sûr, je serai ravis de te le faire découvrir, à dire vrai, je comptais même te le proposer. »

Le ton de Rakyn était ouvert, et sincère. Ses dernières réticences à ce sujet s'étaient vites envolées, à mesure qu'il faisait connaissance avec Elyssa. Elle était sa nièce, et comme n'importe quel membre de sa famille, ses portes lui seraient toujours ouvertes. Il eut un petit sourire amusé comme une pensée lui venait en tête.

« Cela fera peut-être un petit esclandre avec Mère, car je ne lui ai pas dit que je venais te voir, mais je suis sûre qu'elle sera vite très heureuse d'avoir une petite fille telle que toi. Elle qui réclame souvent des petits enfants... »

Le noble c'était laissé aller à la petite confidence amusée, avant de rire légèrement, d'ailleurs. Sa mère ne voulait rien entendre quand il lui disait combien trouver une prétendante convenable au niveau du sang et de la race tout à la fois était difficile, et il soupçonnait que c'était en partie car quelque chose en elle espérait refermer la blessure du départ de sa fille bien aimée. Il était sûr, en tous cas, qu'elle serait vite ravie de connaître Elyssa.

« Je ne peux pas dire que je serai très utile dans une herboristerie, mais je serai heureux d'y passer quelques temps avec toi, si tu veux... je ne voudrais pas couler ton fond de commerce, après tout. Néanmoins oui, j'espère que nous pourrons trouver du temps à passer ensemble, pour apprendre à nous connaître. »

Même s'il aurait largement été prêt à ce que la jeune femme laisse tomber son commerce et vienne vivre chez lui, ou autre scénario approchant, il ne souhaitait pas pour autant la rabaisser en manifestant ostensiblement sa propre richesse et en rabaissant son travail. Il était fier de voir que Kalani avait réussi dans son exil – d'un autre côté, avec l'éducation de leur père, ce n'était guère étonnant qu'elle ait été outillée, au moins au niveau mental, pour le faire – et de savoir que sa fille avait fièrement relevé cet héritage. Avec un sourire, il savoura quelques gorgées de thé, se demandant sur quoi aiguiller la conversation. Il était curieux d'en apprendre plus sur son mariage, mais il ne voulait pas la forcer à parler, et il se disait qu'il pourrait toujours se faire son idée lui-même en rencontrant son mari, aussi fini-t-il par revenir sur un autre sujet.

« Tu sais, en tant qu'oncle, je suis très fier de la façon dont tu t'en sors... je trouve ça admirable d'avoir relevé l'héritage de tes parents, là où beaucoup de femmes auraient pu choisir de se laisser entretenir par leur mari. Tu pourrais me parler un peu de ce travail ? J'avoue que je suis curieux d'apprendre à te connaître, autant que de savoir comment ma sœur a refais sa vie ici... ce n'est pas toutes les nobles qui pourraient se reconvertir en herboriste après avoir quitté le giron paternel, crois-moi... ni même en quoi que ce soit d'utile, en fait. Mais il ne m'étonne pas que Kalani ait été d'un autre bois que toutes celles-là... »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   12.05.16 4:35

Réunion de famille
feat. Elyssa C. Sedan & Rakyn M. Durante

« Tout d'abord, sache que tu seras toujours la bienvenue sur le domaine de nos ancêtres. Mon père n'aurait peut-être pas été d'accord... mais mon père n'est plus là. Pour moi, tu es ma nièce, la fille de ma sœur, et le Manoir te sera toujours ouvert, pour une visite, pour t'y fixer un temps si tu en as besoin ou envie un jour... bref, j'espère que tu t'y sentiras chez toi. Et bien sûr, je serai ravi de te le faire découvrir, à dire vrai, je comptais même te le proposer. Cela fera peut-être un petit esclandre avec Mère, car je ne lui ai pas dit que je venais te voir, mais je suis sûre qu'elle sera vite très heureuse d'avoir une petite fille telle que toi. Elle qui réclame souvent des petits enfants... »

Cela faisait extrêmement plaisir à Elyssa d’apprendre que son oncle songeait déjà à l’emmener visiter le domaine familial. Cependant, elle devait avouer qu’elle n’avait que très peu pensé à ses grands-parents. Entités abstraites toute sa vie, ils n’étaient que des figures fantomatiques dont elle ne savait rien. Sa mère, bien qu’elle ait exprimé son désir de se réconcilier avec sa famille, lui avait parlé un peu de sa grand-mère et son oncle, mais très peu de son grand-père. Des ponts brûlés à réparer, ce dernier n’était celui qu’elle regrettait avoir quitté le plus. L’ayant forcée à choisir entre sa famille et son cœur, elle l’avait abandonné de la même façon dont il l’avait reniée.

La jeune femme était curieuse face à cette famille mystérieuse, cette partie de son héritage qui lui avait été refusé toute sa vie. Elle craignait toutefois de ne pas être à la hauteur, de décevoir. Elle n’avait pas reçu l’éducation de sa mère, elle n’avait pas le raffinement et l’élégance attendue d’une jeune fille de la noblesse. Fille de commerçants, Ely avait mené une vie humble, suivant l’exemple de ses parents. Étiquette et luxe lui étaient étrangers, et elle ne voulait pas mal paraître devant cette grand-mère, un des derniers liens qu’elle avait avec sa mère.

Heureusement, les paroles de Rakyn la rassurèrent un peu. Au lieu d’être déçu du mode de vie et des choix faits par Kalani, il semblait être fier qu’elle ait pu reconstruire sa vie et transmis des valeurs solides à sa fille. Voyant donc son intérêt pour sa spécialité, Elyssa se fit un plaisir de lui parler de l’herboristerie et des connaissances qu’elle avait accumulées, entre autres par les notes compilées par sa mère.

Kalani avait toujours été douée pour soigner et avait une affinité naturelle avec les plantes. Cependant, dû à son éducation rigide, elle avait eu peu de temps pour s’adonner à cet intérêt. Mariée à Zeru et libérée de ses obligations, elle avait enfin pu s’y plonger corps et âme. Celui-ci l’avait encouragée à partir son commerce et l’avait supportée avec ses connaissances du monde marchand. Ensemble, ils avaient construit une vie de part en part qui leur était propre, entre deux mondes auxquels ils n’appartenaient plus. C’était ce dont Elyssa avait hérité à leur mort, non seulement la boutique, mais ce désir de liberté ancré en elle, désir qu’elle ne pouvait poursuivre pour le moment.

Il lui semblait étrange d’avoir développé un don si opposé à celui de sa mère, une guérisseuse. Le poison l’avait prise de court et un peu effrayée, mais lui avait permis d’avoir une connaissance plus approfondie de certaines plantes. Ayant donc un différent point vue, la jeune femme pouvait saisir le plein potentiel des plantes et les utiliser de plus d’une façon. Elle n’avait pas le don de son père avec les finances, mais elle se débrouillait suffisamment pour garder les livres de l’herboristerie en ordre et ne manquer de rien.

Elle était heureuse de pouvoir partager avec son oncle un peu de sa vie, la partie qui la passionnait et qui la liait encore d’une certaine façon à ses parents. Elle parla longuement et répondait avec un plaisir visible à ses questions. Lentement, elle baissait sa garde et se laissait emporter par son enthousiasme, soulagée de ne plus à avoir parler de Kolin. Rakyn le rencontrerait assez tôt.

D’ailleurs, verres et plats vides, soleil approchant l’horizon, il était temps de rentrer. Elyssa sentait l’impatience de Nox qui l’attendait à la maison, et elle savait que c’était probablement partagé par son mari. Aucun des deux n’étaient très patients, ils n’aimaient pas ignorer où elle se trouvait. Ils étaient également très possessifs, ou protecteurs, selon le point de vue. Sur certains points, il était étrange, voire perturbant, de voir à quel point son familier était semblable à son mari.

Chassant ces pensées rapidement, Ely fit signe à la serveuse qui vint nettoyer la table et prendre les pièces tendues par l’herboriste pour payer le repas. Puis, elle guida le comte dans les rues qui s’assombrissaient. Bientôt, des lumières artificielles viendraient illuminer les artères principales avant que la ville ne s’endorme pour la nuit.

La maison de Kolin, sa maison à elle aussi, n’était pas située très loin de la boutique. Située dans un quartier un peu plus résidentiel, c’était un endroit plus calme. Elle ressemblait à toutes les autres demeures du coin, avec ses larges panneaux de verre étincelants sous la lumière du jour. À cette heure, c’était l’éclat des sources intérieures qui transparaissaient, affaiblies par divers rideaux pour protéger l’intimité des maisonnées. La décoration des appartements des Sedan était sombre, passant par divers tons de bleu et de vert.

Poussant la porte sans prendre la peine de cogner, la jeune femme invita Rakyn à l’intérieur. Dès qu’il les entendit entrer, Kolin vint les saluer. Nox descendit également les escaliers pour grimper sur l’épaule de sa maîtresse, détestant être loin d’elle.

« Bonsoir, Comte Durante. Elyssa m’a prévenu de votre arrivée. Vous êtes le bienvenu sous notre toit, bien sûr. J’espère que ma femme ne vous a pas trop trimballé en ville, cet après-midi. »

L’homme affichait un sourire poli, mais sans chaleur. Un regard vers Elyssa et celle-ci comprit ce qu’il désirait. D’un mouvement vif, elle quitta les côtés de son oncle pour se placer prêt de Kolin. Celui-ci passa un bras autour de ses épaules et l’attira contre lui.

« Je suis heureux que tu sois rentrée, Ely. Tu me manquais. »

Déposant un tendre baiser sur son front, il ne desserra pas sa prise, comme s’il craignait qu’elle ne s’envolât avec cet inconnu qui prétendait être sa famille perdue. Il mentirait s’il disait qu’il n’était pas jaloux de cet homme à belle allure, un homme riche et visiblement de noble sang. Lié à Elyssa d’une façon plus profonde qu’il ne le serait jamais.

« Je vais vous montrer votre chambre, vous pourrez vous reposer. Vous devez être épuisé de tout ce voyagement. »

Elyssa ne disait pas un mot, la tête légèrement baissée. Elle laissait le maître de la maison prendre les choses en main, habituée à sa présence et cette co-dépendance malsaine qui les liait. C’était ainsi depuis la mort de sa mère, son père ayant été peu présent après que la faucheuse lui ait arraché Kalani. Et puis, elle était simplement soulagée de le voir civil et accueillant au lieu d’être hostile, comme il pouvait l’être lorsqu’elle se trouvait en compagnie de d’autres hommes. Elle se rappela alors sa gentillesse avant tout cela, la façon dont il lui avait appris avec patience à maîtriser son don, adolescente, son support durant et après la maladie de sa mère. Et elle souffrit pour l’âme d’un homme bon aux prises avec ses propres démons, quels qu’ils soient, aussi prisonnier qu'elle.

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Rakyn M. Durante
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   23.05.16 19:51

La discussion avec Elyssa avait été plaisante, permettant au noble d'en apprendre plus sur elle, sur sa vie, et sur la vie qu'avait connu sa sœur ici avant de mourir. Le seul sujet qu'elle semblait vouloir éviter était celui de son époux et, peu désireux de la froisser pour si peu, le comte choisi sagement de ne pas insister, d'autant qu'il y avait de nombreuses autres choses dont il était désireux de parler avec sa nièce. Lui-même, d'ailleurs, ne lui cachait pas grand chose, de toute façon, répondant avec plaisir aux questions qu'elle se posait, en évitant juste, en douceur, les thèmes qui étaient les plus douloureux pour elle – heureusement, il plut à la Déesse que la jeune femme ne choisisse pas de s'attarder sur la question de son grand-père. En bref, la discussion fut très agréable, ce qui fit plaisir à Rakyn non seulement directement, mais aussi car c'était le signe qu'il était bel et bien possible de bâtir quelque chose de sain avec la jeune femme.

Il était étrange de retrouver ainsi cette branche de la famille si longtemps désunie, mais d'une étrangeté bien agréable. Pour tout dire, le noble ne s'était pas vraiment attendu – n'avait pas osé s'attendre – à une si agréable rencontre, et il se félicitait vraiment d'avoir finalement décidé de venir voir la jeune femme. Du reste le cadre agréable de la boutique choisie par Elyssa ne dépareillait en rien avec le fond agréable de la rencontre, que du contraire, et ce fut avec plaisir que le métamorphe mangea et bu tout en discutant avec elle. Finalement, de mot en mot, la fin de la journée pointa le bout de son nez, accompagnée, fort logiquement, par la fin de la discussion. Il était temps de gagner l'endroit où la jeune femme vivait maintenant, au près de ce fameux époux dont Rakyn pourrait ainsi se faire sa propre impression, directement.

Après avoir réglé l'addition, les deux métamorphes se dirigèrent donc vers la demeure du mari d'Elyssa, à l'atmosphère sombre mais pas forcément déplaisante, se dit le noble, juste avant de se retrouver face à à l'époux de sa nièce, qui l’accueillit avec un sourire et des paroles polies, mais dont le regard n'exprimait pas la bienvenue, et dont le visage, en général, était dépourvu de chaleur. Visiblement, il n'était pas follement heureux de sa présence. Rakyn, de son côté, nota qu'il était bien vieux pour avoir épousé la jeune fille de sa sœur...

« Bonsoir, Comte Durante. Elyssa m’a prévenu de votre arrivée. Vous êtes le bienvenu sous notre toit, bien sûr. J’espère que ma femme ne vous a pas trop trimballé en ville, cet après-midi. »

Sa voix non plus n'exprimait guère de bienvenue, mais Rakyn ne lui en redit pas moins ses salutations avec civilité, comme il se devait. Il ne s'agissait pas de saborder les bonnes relations avec Elyssa pour cause d'un mari un peu froid. Du reste, la jeune femme ne tarda pas à aller vers lui, l'homme ne manquant pas de le rapprocher d'elle dans un geste possessif, mais qui n'était pas sans affection, sans doute.

« Je suis heureux que tu sois rentrée, Ely. Tu me manquais. »

Le baiser qu'il posa sur son front semblait démontrer son affection, du moins, tout comme l'attitude de la jeune femme était loin d'être conflictuelle. Néanmoins, après la vivacité dont elle avait fait preuve jusqu'ici Rakyn la trouvait tout d'un coup bien soumise, effacée, dans une réaction qu'il n'aurait pas imaginé chez elle, peut-être parce qu'il voyait beaucoup de Kalani à travers elle.

« Je vais vous montrer votre chambre, vous pourrez vous reposer. Vous devez être épuisé de tout ce voyagement. »

Le Comte ne se sentait pas véritablement las, mais il se dit après une courte réflexion que rien ne servirait de forcer la confrontation non-voulue avec l'époux de sa nièce, et choisi donc de mener la chose tout en douceur.

« Je suis heureux de vous rencontrer, monsieur Sedan, et je vous remercie de m'offrir le gîte sous votre toit. Cela me permettra de passer plus de temps avec Elyssa durant ce séjour... ne vous en faites pas, d'ailleurs, j'étais venu pour la voir, et l'après-midi en sa compagnie fut des plus agréable. »

Ce en quoi, d'ailleurs, il ne disait que la vérité, même s'il était vrai également qu'il n'avait guère apprécié non plus que le maître des lieux semble déprécié le temps passé avec Elyssa. Il n'en tint guère rigueur toutefois, et enchaîna avec le sourire.

« Il est vrai que j'ai fais un assez long voyage, mais je ne me sens pas particulièrement fatigué, ne vous en faites pas... à dire vrai, j'espérais pouvoir profiter de cette soirée pour faire votre connaissance. »

Car que ce Kolin lui plaise ou pas, il n'en restait pas moins irrémédiablement lié à sa nièce : s'il voulait apprendre à la connaître, et renouer durablement avec elle, il ne pouvait guère nier ce genre de liens.

« Cela dit, si vous préférez passer la soirée en amoureux je peux le comprendre, cela va de soit. Je ne voudrais pas envahir votre foyer. »
 
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Elyssa C. Sedan
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MessageSujet: Re: Réunion de famille [PV]   14.06.16 0:16

Réunion de famille
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Kolin observait avec attention cet homme qui apparaissait si soudainement dans sa vie. Il ne l’aimait pas simplement parce qu’il le considérait comme une menace; le Comte était un élément imprévu et incontrôlable. Qui sait ce qu’il planifiait, quel effet il pourrait avoir sur Elyssa, et surtout sur leur mariage. S’il n’était pas aussi incertain de sa relation, si fragile, il aurait peut-être accueilli cet oncle différemment. Il était, après, du même sang qu’Ely. Que Kalani.

« Je suis heureux de vous rencontrer, monsieur Sedan, et je vous remercie de m'offrir le gîte sous votre toit. Cela me permettra de passer plus de temps avec Elyssa durant ce séjour... ne vous en faites pas, d'ailleurs, j'étais venu pour la voir, et l'après-midi en sa compagnie fut des plus agréable. Il est vrai que j'ai fais un assez long voyage, mais je ne me sens pas particulièrement fatigué, ne vous en faites pas... à dire vrai, j'espérais pouvoir profiter de cette soirée pour faire votre connaissance. Cela dit, si vous préférez passer la soirée en amoureux je peux le comprendre, cela va de soit. Je ne voudrais pas envahir votre foyer. »

Rakyn était d’une extrême politesse et d’une humeur agréable, ce que Kolin attribuait à une éducation d’origine plus noble. Il l’avait vu dans Kalani, il le voyait dans son frère. Même si la dragonne ne parlait pas de son passé, secret qu’elle ne partageait qu’avec Zeru, il n’était pas difficile de reconnaître des traces de celui-ci. Surtout lorsque l’on venait du même milieu, bien que l’homme n’en eût jamais rien dit.

Le Comte était bel homme, Kolin pouvait reconnaître au moins cela. Les gènes des Durante avaient été cultivés, cela était évident. Cependant, tout ne faisait qu’irriter davantage le manipulateur de poison. Il avait vu l’étincelle dans le regard d’Elyssa à son arrivée, étincelle qui s’était éteinte lorsqu’elle avait posé son regard sur lui. Il voyait rouge, en comprenant pas ce qu’ils avaient tous qu’il n’avait pas. Zeru, Rakyn. Il était un homme bien, pourtant, il était intelligent, sensible et de bonne famille. Étant à la fois chercheur et professeur, il avait un certain statut dans la société, malgré que c’était bien dessous de ce que son sang aurait pu offrir. Il regrettait parfois être parti, mais avait-il vraiment eu le choix? Certaines circonstances avaient fait en sorte qu’il avait été poussé dans cette direction, jeté sur le chemin des Rinn sans la moindre considération de ses désirs.

Kolin aurait préféré être seul avec Ely, désirant éviter de la partager autant que possible, mais savait que ce serait d’une énorme impolitesse face à son hôte. Il affichait une expression agréable et polie, il s’inclina à la requête du Comte, mais son regard restait froid, comme s’il était fait de glace à l’intérieur. Pourtant, il se sentait brûler. Haine, jalousie, désir.

« Il me fera plaisir de vous tenir compagnie pour la soirée, Comte. Passons au salon, si vous le voulez bien. »

L’homme prit les devants, guidant Rakyn vers la gauche. La maison n’était pas énorme, mais elle était construite sur deux étages. Au premier, il y avait le salon en question en entrant avec de larges fenêtres donnant sur la rue. Celles-ci étaient protégées des regards curieux par de lourds rideaux d’un rouge profond qui était harmonisés à la décoration de la pièce. Les murs étaient recouverts de tableaux et de tapisseries, rendant l’atmosphère étouffante. Au centre se trouvait une table ovale d’un bois sombre de cerisier, entourée de fauteuils de velours or et rouge. Des plantes hautes exotiques trônaient de chaque côté de la fenêtre, comme pour ajouter un peu de vie dans l’ostentatoire mort exhibé.

Le salon était toujours la pièce où Kolin recevait ses invités, lorsqu’il en avait. Il préférait son intimité et la présence de sa femme, bien sûr, mais il savait qu’il devait accueillir de temps à autres des gens de la société afin de leur rappeler sa présence. Il savait qu’il en faisait trop, avec le décor, mais c’était voulu. Les gens se sentaient souvent mal à l’aise dans cette ambiance lourde et il aimait le contrôle qu’il semblait alors avoir; il était alors tellement plus facile de manipuler l’impression faite sur eux.

Prenant siège sur l’un des fauteuils, le chercheur fit signe au Comte de prendre place en face de lui. Elyssa s’était posée docilement sur le bras du siège de son mari qui n’avait retiré son bras de sa taille. Il leva le regard vers elle et elle se pencha pour écouter les mots qu’il lui murmura.

« Va nous chercher du thé et des collations, mon amour, puis reviens t’asseoir avec nous, si tu n’es pas trop fatiguée. »

La jeune femme hocha de la tête une fois et s’inclina brièvement devant son oncle une fois levée.

« Si vous voulez bien m’excuser, je serai de retour dans quelques instants. »

Elyssa quitta la pièce avec soulagement, bien qu’elle le cachât très bien. Elle avait l’habitude de ne montrer qu’une expression neutre en présence de son mari, de crainte de trahir ses pensées. Elle ne voulait surtout pas alarmer son oncle, ou blesser Kolin.

Tandis qu’Ely se dirigeait vers la cuisine, située à l’arrière de la maison, Kolin s’occupa de leur invité. Au centre de la table se trouvait une boîte d’ébène qu’il approcha de lui. Soulevant le couvercle, le maître de la maison révéla des cigares de haute qualité et un briquet. Il en offrit un au Comte avant de s’en allumer un et de s’installer à nouveau confortablement dans son siège.

« Alors, Comte, je suis curieux, qu’est-ce qui vous pousse si soudainement à porter intérêt à Elyssa, vous qui avez été absent toute sa vie, même lors de la période la plus difficile qu'elle ait traversé pratiquement seule? Vous me pardonnerez, mais je ne suis pas entièrement confiant que votre présence lui soit bénéfique, vous comprenez. Elle est dans un état fragile depuis la mort de Kalani et le suicide de Zeru, j’ai peur que vous ne fassiez que bousculer l’équilibre délicat que nous maintenons… »

Sans tourner autour du pot, Kolin alla droit au but pendant que sa femme était dans la cuisine. Il voulait savoir ce que le Comte voulait vraiment, pourquoi il était de retour, et s’il était une véritable menace. Il serait beaucoup plus rassuré de savoir que Rakyn n’était pas ici pour rester, mais simplement de passage…

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